Euro 2008: l’inattendu Turquie – Allemagne

Quand Rüstü, le gardien turc, s’est éloigné de sa cage, à la 119e  minute de ce quart de finale Croatie-Turquie, et qu’il a compris trop tard que la balle revenait sur la tête de l’attaquant croate Klasnic pour se loger directement dans ses filets, une chape de silence plus lourde que le plomb s’est abattue sur Istanbul…

Au cours des 90  minutes du temps réglementaire, le jeu fluide et rapide des Croates est toujours venu buter sur le bloc turc. Malmenés, parfois chahutés, les joueurs de Slaven Bilic n’avaient pas non plus la chance avec eux quand la reprise du Croate Olic vient buter sur le poteau adverse. Reste quelques toutes petites minutes avant l’épreuve des tirs au but.

1-0 pour la Croatie à la 119e minute, les Croates sentent la demi-finale très proche, presque dans leur poche. C’est sans compter sur cette étonnante capacité des Turcs à retourner le score en leur faveur dans les tout derniers moments comme ils l’avaient déjà fait contre les Tchèques en huitième de finale. Semih Senturk égalise à la 122e minute. Coup de sifflet de l’arbitre italien, fin du match et énorme explosion de joie à Istanbul, en Turquie et dans toutes les communautés turques de France, de Navarre et d’ailleurs où l’on célèbre avec une immense fierté cette victoire qui propulse la Turquie dans le dernier carré ! Victoire inattendue mais peut-être pas aussi surprenante qu’il n’y paraît

S’il y a quinze ans encore, la Turquie était un nain sur la scène footballistique mondiale, elle s’y affirme doucement mais sûrement depuis une dizaine d’années. En 2000, le club de Galatasaray remporte la coupe de l’UEFA pour la première fois dans l’histoire du football turc puis, la même année, la Turquie accède à nouveau en quart de finale de l’Euro 2000 et surtout, sous la direction de Senol Günes, à la troisième place du Mondial. Aujourd’hui, c’est Fatih Terim, fantasque et fantastique meneur d’hommes, qui est à la tête de l’équipe nationale après avoir présidé avec le succès que l’on sait aux destinées du Club de Galatasaray.

La première demi-finale va opposer la Turquie à l’Allemagne qui, fidèle à elle-même, se renforce au fil des matchs.

Sur le papier, la Turquie n’est clairement pas la favorite… et elle n’a plus assez de joueurs ! Cinq joueurs blessés, dont le talentueux capitaine Nihat Kahveci, quatre joueurs suspendus, c’est une équipe hétéroclite qui va s’aligner devant la Mannschaft. Fatih Terim affiche un pragmatisme à toute épreuve : "Nous jouerons tant que nous pourrons aligner onze joueurs sur le terrain ! " Même s’il faut aller chercher les gardiens de but réservistes et les mettre en défense ! L’entraîneur allemand Joachim Loew connaît bien les Turcs pour avoir été entraîneur de Fenerbahce, l’autre club étoile d’Istanbul, en 1998 et 1999 : "Les Turcs ont montré, tout au long du tournoi, qu’ils sont imprévisibles, quel que soit le score, et cela les rend dangereux."

"Jusqu’à maintenant, seuls les Allemands avaient cette confiance"

Ils sont aussi dangereux car ils n’ont rien à perdre, tout à gagner et possèdent cette drôle de conscience que chaque seconde compte et que tout est possible jusqu’au dernier moment : "Jusqu’à maintenant, seuls les Allemands avaient cette confiance", confie le capitaine de la Mannschaft, Michael Ballack, dans une interview à Die Welt.

Alors, pendant 90 minutes mercredi soir, la Turquie va tout oublier : l’inflation qui revient, les lourdes tensions politiques autour du procès intenté au Parti de la justice et du développement (AKP), la période estivale qui s’annonce chaude, les résultats d’entrée à l’université… Tout va s’arrêter pendant ces 90 minutes pour suivre l’aventure des "cocuklar", des fils de Turquie. Et quelle que soit l’issue de ce match, il restera l’immense fierté d’avoir été demi-finaliste face à la prestigieuse équipe allemande.

Lire aussi : Euro 2008 : y a-t-il encore des miracles en terre de football ?


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said sellali | cadre à nantes
16H43 24/06/2008

La Turquie a un championnat qui se structure et devient de plus en plus riche sportivement et financièrement et des joueurs talentueux( Nihat, Altintop, Turan….). Leur place en demi-finale ne m’étonne pas plus que cela.Il avait d’ailleurs déjà atteint ce stade lors de la coupe du monde 2002. Toutefois, face à l’Allemagne, cela risque d’être un peu juste avec les nombreux absents à déplorer.Toujours est-t-il que le joueurs turques ont montré avec leur bravoure et leur courage que jouer les tripes à l’air étaient un avantage certain sur les touristes joueurs tels que nos chers nationaux(Henry, Sagnol, Thuram…) qui ont minablement mordu la poussière sans même faire honneur au maillot tricolore.

 
eric_strasbourg
22H49 24/06/2008

e

 
TonyMo
17H39 24/06/2008

Si l’équipe de Turquie gagne l’Euro 2008. Certains politiciens commencent à dire qu’il faudra les intégrer à l’Europe bon gré mal gré !. J’espère qu’elle gagnera l’Euro et je regarderai la tête de Nicolas Sarkozy qui prend la présidence de l’europe. Après l’Irlande je me marre.

 
dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires
19H54 24/06/2008

Si un jour Israël gagne l’Euro il faudra penser à intégrer le pays à l’Europe?

L’UEFA est une chose, l’Europe en est une autre. Ce qui n’empêche que je serai ravi que ça aide la Turquie à intégrer l’Union Européenne, mais je crois qu’il est ridicule de faire l’amalgame entre les deux.

 
le soudanais | ici et là
20H02 24/06/2008

Le championnat turc reste encore à se construire, en dehors de Galatasaray (en büyük cim bom, baska büyük yok!), de Besiktas et de l’autre équipe qui joue en Asie, comment déjà… ah oui Fenerbahçe, et en « province » de Trapzon, peu de clubs arrivent au niveau des clubs européens, même moyens. C’est d’ailleurs une des raisons qui pousse tant de joueurs étrangers à tenter leur chance en Turquie, il est relativement facile de voir qui va finir dans le top 3 du championnat!

Pour revenir au sujet, l’engouement de la population turque pour son équipe nationale est encore très jeune, avant le club régnait en maître, et même quand Galatasaray gravissait unes à unes les marches de la finale de l’UEFA en 2000, il existait tout de même des fans de Fener pour souhaiter leur défaite. De même Rüstü, en tant que goal emblématique du Fener a eu du mal à gagner le coeur des fans des Cim Bom.

Je me souviens avoir assisté à un match Turquie-France en 2000 je pense, au stade de Besiktas, où les turcs criaient bes-sifir (5-0) alors que leur équipe était menée 4-0 par Zizou et ses collegues encore sur un petit nuage. L’équipe natinonale à l’époque ne faisait pas réver, loin de là. Comme souligné par MA, il a fallu attendre 2002 et la coupe en Corée pour que le nationalisme turc d’habitude si discret, se réveille ;)

Toutefois, pour avoir eu la chance d’être non loin de Taksim en 2000 le soir de la finale, je sais désormais ce que c’est que 12 millions de personnes qui crient à l’unisson… avec quelques coups de feux en prime, cette tradition malheureusement perdure, même en plein Cihangir!

 
BI MAHAN | Pharmacien
10H13 25/06/2008

Depuis sept ans, chaque année, on connait avans même le début de la ligue 1 l’identité du champion en france. Cela fait-il d’elle un chapionnat de seconde zone? Au fait, pourquoi pour la ligue des champions UEFA, la france a droit à moins places que l’angleterre, l’italie ou l’espagne?
Arrêtez de mettre un bémol à la joie des autres!

 
le soudanais | ici et là
10H52 25/06/2008

Pour être supporter de Galatasaray et de l’équipe de Turquie, je n’en pense pas moins que le championnat Turc est relativement faible en comparaison d’un championnat Anglais, Italien, Allemand ou Espagnol. Pour vous rassurer, je conviens également que le championnat de France n’est plus une référence depuis longtemps, tout comme le Suisse ou le Belge! Ca n’enleve en rien l’interet de derbys entre 4 équipes qui cultivent une rivalité (pour rester gentil) depuis des décennies!

Pour info, cette année dans le top 4 du championnat: Galatasaray, Fenerbahçe, Sivasspor et Besiktas. Trapzon est 6eme.

EN BÜYÜK CIM BOM ;)