Ingrid Betancourt enfin libérée par l'armée coombienne


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marie 75
11H59 04/07/2008

un si beau scénar… ca ne se refuse pas ! Merci Uribe !
UN ART MEDIAPART OUVERTTOUS

Hollywood aura du mal à scénariser la libération d’Ingrid Betancourt. Le gouvernement colombien, avec l’aimable participation des Etats-Unis et d’anciens des services secrets israéliens, s’est déjà chargé de nous offrir un véritable conte de fée, prenant parfois les allures d’une bluette de série B. Les médias prennent leurs lecteurs et leurs téléspectateurs pour des imbéciles en persistant à raconter sans le moindre recul, sauf celui de notre confrère Gilles Perez, et avec des trémolos dans la voix, le succès de « l’opération militaire » réussie par l’armée colombienne.

Ce n’est pas remettre en cause le courage d’Ingrid Betancourt, le plaisir d’apprendre enfin sa libération, ni son extraordinaire volonté de surmonter ses souffrances. Ce n’est pas minimiser le soulagement de ses familles. Mais le gouvernement colombien tente de vendre au monde entier comme un fait d’armes, ce qui n’est qu’une reddition d’un groupe des FARC.

Car ce groupe, il y a un peu plus de trois mois, avait fait savoir aux autorités colombiennes, qui s’en firent officiellement l’écho plus tard, qu’il était prêt à se rendre. Et qu’il était prêt à rendre les otages sous son contrôle, en échange d’une immunité et d’un départ en exil pour la France.

C’est vers la fin du mois de mars, comme le quotidien El Tiempo s’en fit l’écho avec l’interview d’un prêtre, que le groupe chargé de la garde d’Ingrid Betancourt et des trois « militaires américains » (nul ne les a vus d’ailleurs depuis leur libération mercredi), a officialisé ses contacts avec le gouvernement colombien. Le marché proposé par quelques chefs fatigués et désorientés était clair : la livraison de la quinzaine d’otages contre de l’argent et l’immunité.

Les différents recoupements effectués auprès de journalistes de Radio Caracol, la radio qui diffuse tous les jours des messages à l’intention des otages, de l’agence de presse Anncol (réputée proche des FARC) et de journalistes colombiens qui ne veulent pas s’attirer les foudres de la présidence de leur pays, permettent de reconstituer l’histoire d’une reddition transformée en opération militaire. Succès militaire qui permet opportunément de renforcer l’image de l’armée et d’un président par ailleurs occupé à faire modifier la constitution pour pouvoir se présenter une troisième fois à la prochaine élection présidentielle.

Dès le mois de mars, de premières indications sur l’opération engagée

Le 25 mai donc, le lendemain de l’annonce de la mort du vieux chef des FARC, Manuel Marulando, le président Uribe, au cours d’une réunion informelle avec des citoyens, déclara officiellement que le groupe de guérilleros qui gardait Ingrid Betancourt et les trois Américains était prêt à les relâcher en échange de l’immunité et d’une récompense. Pour le président il s’agissait de prévenir les fuites dans la presse sur une opération de « retournement » déjà engagée depuis au moins deux mois.

C’est en effet le 27 mars, au lendemain de la mort du chef des FARC, que El Tiempo, journal proche du gouvernement, publie sa première allusion à cette manoeuvre. Il s’agit alors de mettre à profit la lassitude de nombreux guérilleros désorientés par le mort de Raul Reyes. Le vieux chef a été liquidé le samedi 1er mars par un missile frappant son camp situé moins de deux kilomètres à l’intérieur du territoire de l’Equateur.

Dans l’un des trois ordinateurs de Raul Reyes, chargé habituellement de négocier avec divers intermédiaires, avec la Croix Rouge, avec le président équatorien et Hugo Chavez, les services de renseignements de l’armée colombienne, aidés par leurs conseillers américains, ont rapidement découvert le moyen de contacter le groupe chargé d’Ingrid Betancourt et de localiser la zone où il se cachait. A ce moment, d’ailleurs, un premier mécanisme de libération de la Franco-colombienne était en cours de réalisation. L’ambassadeur de France en Equateur l’a laissé entendre quelques jours après la mort de Raul Reyes. Paris savait alors que le négociateur des rebelles avait établi un camp provisoire en territoire équatorien. Il était en contact étroit avec la France et les gouvernements équatoriens et vénézuéliens. Le détachement présent sur le territoire équatorien, expressément autorisé par les émissaires du président Rafael Correa, avait pour mission d’organiser le transfert des otages, depuis cette zone frontière.

Surtout, Raul Reyes, responsable de la communication de la guérilla, souhaitait changer d’interlocuteur, les interventions bruyantes du Vénézuélien Hugo Chavez risquant de remettre en cause l’éventuelle libération des membres des FARC emprisonnés en Colombie. C’est en tous les cas ce qu’auraient rapporté aux services spéciaux équatoriens deux membres des FARC, rescapés de l’attaque du camp.

Ces deux membres ont confirmé que des éléments équatoriens armés avaient fourni une aide logistique permettant à la guérilla d’installer un poste de commandement et de communication provisoire. Ces deux rescapés ont depuis été mis en sûreté dans les environs de Quito, la capitale du pays.

La Colombie fait échouer un processus de libération via l’Equateur

Ces deux guérilleros ont décrit la précision de l’attaque qui a détruit ce camp, attaque à la laquelle ils ont échappé parce qu’ils s’étaient éloignés de quelques centaines de mètres. Ils ont raconté que cinq bombes ont frappé simultanément la vingtaine d’hommes qui y vivaient depuis quelques jours. Selon plusieurs sources, ces bombes ou missiles n’ont pas été largués par des avions colombiens mais par des appareils américains volant à haute altitude. Ils ont été guidés par le faisceau d’ondes émis par l’un des téléphones satellites utilisés par Raul Reyes.

Ayant réussi à se procurer quelques jours auparavant le numéro de ce téléphone, et en accord avec le gouvernement colombien, les responsables américains ont estimé nécessaire de mettre un terme à la négociation qui était sur le point d’être finalisée. La libération d’Ingrid Betancourt était alors programmée pour le 8 mars, journée internationale de la femme. L’objectif de cette attaque, toutes les informations et les indices l’indiquent, était de remettre en cause la libération d’une otage médiatique. Car, dans ces conditions, cette libération aurait redoré la réputation d’une guérilla en perte de vitesse ; elle aurait été porté au crédit de l’Equateur, du Venezuela et de la France. La mort, dans des conditions mal éclaircies, le vendredi 7 mars, d’un autre dirigeant des FARC, Yvan Rios ne pouvait qu’accentuer la tentation de rupture de tout processus de négociation.

Si ces deux opérations ont été concertées, il est évident qu’elles visaient à affaiblir la fraction des guérilleros désireuse de sortir de l’impasse et de négocier les libérations. Le président Correa de l’Equateur déclara alors publiquement : « Regardez la bassesse d’Alvaro Uribe, il savait qu’en mars douze otages allaient être libérés, parmi eux Ingrid Betancourt. Il le savait et il a utilisé ses contacts pour monter ce traquenard et faire croire au monde qu’il s’agissait de contacts politiques et pour lancer un écran de fumée sur son action injustifiable ».

Une négociation directe avec le groupe détenant Ingrid Betancourt

Une autre partie de poker politique pouvait alors être engagée par les Colombiens. Elle consista à prendre contact directement avec le groupe identifié gardant Ingrid Betancourt, et à le convaincre que la reddition était la meilleure des solutions.

L’armée se rapprocha d’eux ; elle cessa de harceler ce groupe d’une centaine de personnes. Ce qui lui a permis de se procurer plus facilement des médicaments et des provisions, pour les guérilleros et pour les otages. D’où l’apparence de meilleure santé des otages libérés mercredi : ils ont eu le temps de reprendre des forces, même s’ils n’étaient évidemment pas conscients de ce qui se tramait.

Il n’y a eu, en dépit de la version officielle, aucune infiltration des services spéciaux militaires. Simplement, avec l’aide logistique (et notamment le support de drones) américaine, le groupe a été suivi jour après jour pendant que se préparait par radio et par l’intermédiaire d’un émissaire, le scénario de reddition. Scénario reposant, comme l’a expliqué Ingrid Betancourt, sur une évacuation de sécurité par une ONG imaginaire. De quoi faire admettre, à ceux qui n’étaient pas dans le secret, l’arrivée de plusieurs hélicoptères, puisque les FARC ne disposent pas de ce type de moyens aériens. Il a évidemment fallu plusieurs semaines pour qu’un maximum de chefs du groupe soient convaincus. La condition de ce groupe des FARC étant d’abord l’impunité promise et l’assurance qu’aucun coup de feu ne serait tiré. Le contrat a été respecté. Vers le 15 juin, le gouvernement colombien a fait demander à la France si l’offre d’accorder l’asile aux rebelles, offre faite tant par Nicolas Sarkozy que par François Fillon, tenait toujours. La réponse ayant été positive, la phase finale de l’opération a été mise en route sans que les rebelles aient à se déplacer, les otages étant à peu prés désormais « présentables ». Il ne restait plus, au moment du dénouement, qu’à accréditer l’invraisemblable version d’une opération militaire surprise résultat d’une opération d’infiltration. La réalité est moins glorieuse pour l’armée colombienne. Mais l’essentiel est la liberté d’Ingrid Betancourt et de ses quatorze compagnons de captivité.

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
13H30 04/07/2008

Information terriblement intéressante. Mais que vaut-elle ?

 
Plokta
20H53 06/07/2008

>…le gouvernement colombien a fait demander à la France si l’offre d’accorder l’asile aux rebelles, offre faite tant par Nicolas Sarkozy que par François Fillon, tenait toujours. La réponse ayant été positive…

N’est ce pas exactement ce type d’accord qui a été fait entre Mitterrand de les groupes d’extrême gauches dans les années 80 en Italie ?
Je ne pense pas que la parole de la France vaux encore quelques chose en ce moment, les rebelles devront faire très attention à leurs fesses quand ils seront en France, Monsieur Sarkozy a assez montré ce qu’il pense de la parole donnée par la France (même si c’est la sienne ).

Il faudrait les mettre en contact avec Cesare Battisti, il aura surement quelques tuyaux à leur donner à ce propos.

 
harpo59130
13H03 04/07/2008

C’est quoi ce mic-mac, et ça profite à qui en définitive ?

 
Peb et Fox
14H55 04/07/2008

haha bien vu !

je crois d’ailleurs qu’il était contre.

peb

 
dalun
17H22 04/07/2008

l’état gère : production intensive de placards.suivez son regard !

 
Di | mère déchlorurée (papotable)
08H16 05/07/2008

Puisque le placard est libre, y a plus qu’à le pousser dedans, maintenant!

 
Di | mère déchlorurée (papotable)
16H05 05/07/2008

On croit rêver:

PARIS (Reuters) - François Fillon a salué samedi la libération d’Ingrid Betancourt qui, selon lui, symbolise le retour de la France dans le monde.

« J’ai ressenti une grande fierté d’avoir sonné avec le président de la République, depuis un an, la mobilisation générale pour la liberté d’Ingrid Betancourt », a dit le Premier ministre lors d’un Conseil national de l’UMP à Paris.

« La libération d’Ingrid Betancourt, c’est avec le discours du président de la République à la Knesset ou l’Union de la Méditerranée le symbole du retour de la France dans le monde », a-t-il ajouté.

« On le doit à Nicolas Sarkozy, au gouvernement que je suis fier de conduire, à l’UMP et à la majorité présidentielle, aux Français qui nous soutiennent. On le doit aussi à cette France éternelle qui ne renoncera jamais à conduire tous les combats pour la liberté », a conclu François Fillon, de retour du Canada où il assistait aux célébrations du 400e anniversaire de Québec.

 
zorglub | insulaire en exil
19H45 05/07/2008

A l’en croire on jurerait qu’ils partent en croisade depuis le 6.05.07 !

Heureusement qu’ils étaient au pouvoir depuis 2002.

Attention Mr Fillon un placard peut mener au cul-de basse-fosse.

 
Mobile | Conseiller en aménagement
06H47 06/07/2008

«On le doit aussi à cette France éternelle qui ne renoncera jamais à conduire tous les combats pour la liberté », a conclu François Fillon, de retour du Canada où il assistait aux célébrations du 400e anniversaire de Québec.» Il ose parler de Québec, ce con! Pôv con! Il ne connaît rien de l’histoire de ce «peuple français» d’Amérique. Les Québécois ne sont pas des cousins, ils sont des Français abandonnés suite à la victoire des «English» en 1759. Vous êtes nuls en «Histoire nationale». Fc. Limite.

 
Di | mère déchlorurée (papotable)
20H34 06/07/2008

Faut reconnaître qu’il y a au moins une chose de vraie dans son discours: « cette France éternelle qui ne renoncera jamais à conduire tous les combats pour la liberté », car le combat actuel que mène tant de français, c’est justement pour s’affranchir du joug que cette équipe nous impose! Mais il « ne s’en aperçoit pas »…

 
ysengrimus
13H25 06/07/2008

Opération bidon, comme celle de la « libération » de Jessica Lynch en 2003.

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/larmee-ennemie-de-la-societe-

L’armée ment, point barre.
Paul Laurendeau

 
Humain
22H43 06/07/2008

Vous pouvez y ajouter Florence Aubenas…