Heures supplémentaires: quand Sarkozy s'arrange avec les chiffres
Nicolas Sarkozy, lors de son allocution télévisée du jeudi 24 avril, est longuement revenu sur sa conception du travail. Selon lui, \"le problème de la France, c’est qu’on ne travaille pas assez\".
Passons rapidement sur le fait que la France se classe dans ce domaine, selon une étude de 2005 de l'Insee, première sur les neufs pays comparés, avec une durée hebdomadaire effective de 36,3 heures par salarié, soit plus que l’Allemagne (33,6), le Royaume-Uni (32,1), les Etats-Unis (33,8) et l’Espagne (33,2).
Passons aussi sur le fait que son taux de productivité par heure travaillée soit le troisième mondial (derrière les Etats-Unis et la Norvège). Et passons enfin sur le fait que le salaire horaire médian brut français occupe le douzième rang (devant l’Espagne, la Grèce et le Portugal) de l’Europe des quinze.
Les 35 heures, \"qui ont coûté 20 milliards d’euros\", sont le problème, et le dispositif d’exonération des heures supplémentaires mis en place par la loi Tepa, la solution. \"Ça marche\", selon le chef de l’état : \"28% d’heures supplémentaires en plus\" au dernier trimestre 2007, soit \"un demi-million d’entreprises [qui] donnent des heures supplémentaires à 5 millions de salariés. 5,5 milliards d’euros de pouvoir d’achat ont ainsi été distribués aux français.\" Quelques précisions s’imposent.
Des chiffres qui ne concernent pas tous les salariés.
Les 28% cités -chiffre issu de l’enquête Activité et conditions d’emploi de la main d’oeuvre 2007(Acemo)- par Nicolas Sarkozy, concerne 5 millions de salariés. 18% à peine de la population active. Moins de 8% de la population totale.
Des revenus supplémentaires limités.
D’après cette même enquête, chaque salarié concerné a effectué en moyenne, au quatrième trimestre 2007, 2,8 heures supplémentaires… par mois. Le gain mensuel moyen pour un salarié au smic est donc d’environ 30 euros net, dont 12 euros de majoration du fait du dispositif Tepa. Le gain lié à l’exonération d'impôt sur le revenu est de…1,65 euros.
Au quatrième trimestre 2007, les heures supplémentaires versées dans le secteur marchand représentent un gain global de 2 milliards d’euros de salaire net (2,1% du salaire total distribué). Dont 0,4 milliard (0,52%) de \"majoration TEPA\".
Pour un coût de 550 millions d’euros de remboursement par l’état aux organismes de sécurité sociale et 100 millions environ de perte fiscale. Soit 0,65 milliard d’euros. 40% de plus que le gain induit par la majoration. Le rendement utile de cette mesure est donc négatif : elle coûte plus cher à l’état qu’elle ne rapporte aux salariés.
Quant aux \"5,5 milliards distribués\", Nicolas Sarkozy \"confond\" semble-t-il les sommes versées au titre des heures supplémentaires sur cette période et… les prévisions pour l’année 2008 en termes de coût pour les finances publiques (2,7 milliards d’exonérations salariales, 1,9 milliards côté patronal et 1,2 milliards de perte de recettes fiscales).
L'effet d'aubaine passé sous silence.
Les nombreux effets pervers du dispositif sont bien évidemment passés sous silence : effet d’aubaine pour les employeurs qui recourraient déjà aux heures supplémentaires (environ 80% des heures supplémentaires déclarées), risque important de fraudes des entreprises, substitution aux augmentations de salaires et surtout impact sur les chiffres du chômage.
Dans le secteur marchand, l’emploi n’a en effet progressé que de 0,03% sur la dernière période (novembre 2007 à janvier 2008) contre 0,13% pour l’année précédente (novembre 2006 à janvier 2007).
Si la conjoncture économique explique en partie ce phénomène, le recours aux heures supplémentaires permet à l’employeur d’éviter de nouvelles embauches en confiant le surcroît d’activité à des salariés existants. Et donc d’éviter les coûts inhérents aux CDD (prime de précarité) ou tout simplement au recrutement et à la formation de nouveaux employés.
Les heures sup non déclarées faussent la donne.
L’ensemble des statistiques comparatives en matière d’heures supplémentaires se fonde sur les seules déclarations de l’employeur. Or, d’après l’inspection du travail, 85% du travail dissimulé constaté en France ressort d’heures supplémentaires non déclarées (90% des plaintes).
L’augmentation en volume des heures supplémentaires ressort donc à priori, pour une part essentielle, de la réintégration des volumes masqués dans les déclarations, du fait de l’exonération fiscale dont bénéficie l’employeur au titre de la loi Tepa. Bien qu’il n’existe, curieusement, aucune étude statistique sur le sujet, Gérard Filoche (inspecteur du travail) évoquait le chiffre de 2 à 2,5 milliards d’heures supplémentaires réelles par an.
Rappelons qu’en 1993, le rapport Mattéoli (alors président du Conseil économique et social) faisait état de 1,2 milliards d’heures supplémentaires.
Quinze ans plus tard, la loi Tepa tablait sur un chiffre de 30% inférieur, alors même que la durée légale du travail a diminué, et que la population active a considérablement augmenté. Au regard des premières projections, il semblerait que les heures supplémentaires déclarées en 2008 atteindront 700 millions environ, et non les 900 millions prévus par le texte. Un chiffre encore très éloigné de la réalité.
L’étude Acemo 2007 confirme cette explication totalement passée sous silence : selon elle, une part importante de l’augmentation constatée provient… de la régularisation d’heures supplémentaires auparavant non déclarées par les entreprises.
C’est sur cette même étude que se sont appuyés Christine Lagarde et Nicolas Sarkozy dans leurs récentes déclarations. Ils en ont donc eu une lecture pour le moins sélective…
La loi Tepa aurait de ce fait une seule vertu véritable : inciter l’employeur à déclarer des heures supplémentaires jusque là dissimulées. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Pour l’année 2008, le gouvernement a budgété un coût total de 6 milliards d’euros sur ce seul terrain. Soit 85% des 7 milliards de réduction des dépenses publiques prévues dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, qui vont toucher les fonctionnaires, l’enseignement, le logement social, la santé, les transports, etc.
La politique économique actuelle impressionne par sa cohérence. La communication présidentielle également, par son sens aigu de l’ellipse.
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Sur les enseignants le président hier soir s’arrangeait avec les mots !
- sur le MAINTIEN des postes, Sarkozy répond « Mais on ne va pas AJOUTER des profs puisqu’on le fait depuis x années (c’est faux, les réductions ont commencé en 2002 au moins) et que ça ne marche pas » (c’est aussi faux mais bon). ET « nos élèves ont plus de cours qu’ailleurs en Europe » (c’est vrai) donc il vaut mieux « des cours en petits groupes » (ou qqch du même genre ; oui justement pour cela il faut garder les postes)
- sur les conditions de travail des profs « ils sont fatigués »… donc « ils feront des heures supplémentaires ». CQFD !
Et quid des gens - profs ou non - travaillant à temps partiel?? Ceux-ci ne peuvent pas faire d’heures supplémentaires, alors il augmente comment, leur pouvoir d’achat???
On me rétorquera sans doute: « Ben y’a qu’à travailler à temps plein! » sauf qu’on ne choisit pas toujours. Dans mon cas personnel, je travaille à temps partiel (16 heures / semaines au lieu de 18), tout simplement parce que dans mon établissement, on n’a pas 18 heures à me donner… et que je n’ai pas envie de faire des km (hé oui, dans les coins de campagnes reculés, y’a pas forcément de collèges super proches les uns des autres) pour aller travailler 2h dans un établissement dans lequel je n’aurai ni le temps de faire réellement connaissance avec mes collègues, ni le temps d’accorder à mes élèves quelques minutes après les cours… pensez donc, il faudra que j’aille rejoindre mon autre établissement vite fait pour le reste de ma journée de cours!
Pi avec l’augmentation des tarifs d’essence, ce que me rapporteraient mes 2h de cours seraient vite bouffées! Donc quel intérêt?
Mais bon, quelle idée aussi, d’enseigner l’allemand, hein…? Cette matière fait sans doute partie des « options » que personne ne choisit et qu’il faut donc supprimer, n’est-ce-pas, Môssieur le Président?
L’allemand est une matière LITTERAIRE, c’est, selon les jours, dans la bouche de notre chef suprême, un luxe que l’Etat n’a pas les moyens de financer, ou une inanité, cf ses propos sur La Princesse de Clèves. Alors que vous puissiez enseigner ou non dans des conditions décentes pour les élèves, sans parler de vous, qu’est-ce que vous voulez que cela fasse?
Entierement d’accord Cela aussi m’avait frappé
AVEC LA SOURIS, à votre bon coeur !!!
Cliquez sur le lien suivant, après une séance on se sent mieux !!!
http://www.royalcoupdeboule.com/
le monde parfait du petit Nicolas.
L’insconscient du président Sarkozy nous parleJUREK KUCZKIEWICZ
vendredi 25 avril 2008, 18:23 , le soir (belgique)
Ceux qui jugent que Nicolas Sarkozy n’a pas dit grand-chose, lors de son intervention télévisée de jeudi soir, sont dans l’erreur. Ou ils ont raison sur un point : le président n’a effectivement rien annoncé de tangible en matière politique.
Photo AP
Par contre, son inconscient, lui, n’a pu se taire. Et chez Nicolas Sarkozy, il dit toujours des choses intéressantes.
Ramené à sa déclaration d’il y a quelques mois (« L’instituteur ne pourra jamais égaler le curé »), le président français a précisé sa pensée : « L’instituteur permet de former des citoyens, il enseigne des matières ; et par ailleurs le curé, le rabbin et je ne sais qui (sic) essayent de donner du sens à la vie. »
Passons sur le caractère controversé de la première déclaration, qui avait déjà nourri un feu de critiques sur le thème de la laïcité. La précision de jeudi apporte un éclairage instructif sur la compréhension fonctionnaliste que Sarkozy a du monde et des hommes: une montre sert à donner l’heure, un boucher sert à débiter de la viande, un instituteur enseigne l’orthographe, et le curé sert à donner du sens à la vie. Pas de place, dans cette vision compartimentée, pour la multiplicité de la vie telle qu’expérimentée par la majorité des humains, où il n’est pas inhabituel que ce soit l’épicier ou une chansonnette qui nous inspirent sur le sens de la vie. Quant à l’instituteur, gageons qu’il a sans doute en matière de sens de la vie plus d’influence sur les enfants que le curé ou le rabbin, et ce n’est pas faire injure à ces derniers que de le souligner…
Autre perle du président : « On ne devient pas français parce qu’on travaille dans la cuisine d’un restaurant, aussi sympathique soit-il .» Passons sur une premirèe confusion : Nicolas Sarkozy était interrogé non sur la naturalisation, mais sur l’opportunité d’accorder des titres de séjour à quelques centaines de travailleurs « légalement » employés dans le secteur de la restauration. Par cette confusion, répétée à trois reprises, l’inconscient du président français - le premier d’origine étrangère - s’est fait l’écho de l’éternelle phobie de l’extrême droite : les immigrés qui travaillent légalement et reçoivent les « papiers » finissent un jour par devenir français, ce qui est très embêtant pour « l’identité nationale ».
Mais on aurait envie de pousser le président plus loin dans sa logique : si une arrière-salle de restaurant ne paraît pas suffisamment respectable comme anti-chambre de la naturalisation, alors quel lieu de travail le serait ? Un bureau à une fenêtre d’un immeuble à la Défense ? Un cabinet de Pdg ?
Où l’on semble revenir à la vision fonctionnaliste évoquée plus haut : les immigrés sont à leur place dans les cuisines de restaurants, pas dans la communauté des citoyens français.
Un poignet doit porter sa montre (de préférence une Rolex), un coude doit être aggripé par une épouse, les immigrés doivent rester dans leurs arrières-salles, et chacun devrait avoir son curé pour entendre le sens de la vie. On pourrait appeler cela le monde parfait du petit Nicolas.
marie 75
Bonne pioche, JUREK KUCZKIEWICZ n’habitant pas en France peut se permettre de publier une telle analyse dans un journal d’envergure nationale tel que « le soir ».
Chez nous les médiatico-psy sont relégués dans les médias de seconde zone qui ne sont vus ou lus que par quelques rares affamés d’informations.
D’où la question de la censute ou de l’auto-censure qui existe chez nous.
Juste étrange de parler d’inconscient quand la spécialité du « prévenu » est de noyer le poisson. Il ne tiendrait pas deux phrases face à des questions dialectiques. Les journalistes de plus ont tout laissé passé. Seul Yves Calvi semble être resté digne et professionnel. Ce petit monsieur sarkozy est vraiment un méfait tant il est vulgaire et si peu exemplaire pour notre pays.
Des heures supps, je n’ai pas vu la couleur d’un kopek. Quand il dit que plusieurs centaines d’entreprises ont payé des heures supps, je me permets d’en douter. Ce que je sais en revanche, c’est que l’Etat a payé aux fonctionnaires des heures supps par millions.
oui sans doute, je ne sais pas je n’ai pas les chiffres.
Pour ce qui concerne les enseignants (cas que je connais), les heures sup qui sont obligatoirement rémunérées sont les « HSA » soit « heures supplémentaires annuelles », les heures de cours qu’on fait chaque semaine à une classe, par exemple parce que vous atteignez votre maximum de service (le nombre d’heures que vous devez) avec la moitié des heures de cours d’une classe, et que l’autre moitié des heures ben vous allez les faire, la classe ne va pas avoir deux profs dans la même matière. Par exemple vous devez 18 heures de cours par semaine (@ Tigerente : ne dites pas que vous travaillez 16 heures par semaine, sinon des gens vont le croire ; vous faites 16 heures de cours par semaine, c’est très différent) mais avec les classes qu’on vous donne ça fait 19 h, vous aurez une HSA. Elles sont très mal payées, ceci dit.
A côté de ça vous avez les « HSE » ou « heures sup effectives », ce sont des heures ponctuelles, qui recouvrent tout un tas de trucs, soutien, remplacements en interne… et là il est tout à fait clair que ces heures ne couvrent pas le dixième du boulot qui est assuré en dehors des obligations de service par les nombreux profs qui prennent leur boulot à cœur. Quand on organise par exemple un échange scolaire, c’est un boulot énorme, disons une demi-journée en moyenne par semaine sur six mois. Dans le meilleurs des cas (rare, le cas) vous allez toucher 10 HSE. Le plus souvent moins, voire rien du tout.
Pourquoi faire tous ces projets, alors, me direz-vous ? Ben pour les élèves. Parce que c’est bien pour eux. Parce qu’on pense qu’on doit le faire. Ou parce qu’on est trop bon trop con, certains vous diront.
Si on payait vraiment aux gens, quels qu’ils soient, les heures sup qu’ils font vraiment…. ça en ferait des millions.
C’était le 24
y’en qui s’arrangent avec les chiffres,d’autres avec les dates…
Bonjour à tous,
Mais ce que vous nous expliquez mon bon François Doutriaux, ici nous le savons tous, ce qu’il faut c’est l’expliquer aux autres, ceux qui n’ont pas accès à ce genre d’information, ceux qui ne comprennent pas que nous avons au pouvoir un incompétent doublé d’un menteur avèré, ceux qui croient encore en Sarko…
La tache est immence…
La mer y passerait sans laver la souillure,
Car l’abîme est immense et la tâche est au fond
Musset?
Musset! (« La coupe et les lèvres »)
A:
J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans…
Alors cent mille.
Merci!
« ici nous le savons tous, ce qu’il faut c’est l’expliquer aux autres »
Une idée d’une chaîne de télé vacante qui ferait péter l’audimat?
Les chiffres, c’est pas nouveau qu’un chef d’etat aille les chercher ou ca l’arrange…
La realite reste ce qu’elle est, et le sentiment des francais ne s’ameliorera pas a coups de chiffres.
Notre bon president a reussi a montrer ce 24 avril qu’il avait un nouveau look et une jolie salle des fetes, mais pour la langue de bois « on garde le cap ! ».
et puis il y a un truc qu’il a oublié de préciser (quand il a parlé déficit public )c’ est que sous sa coupe de ministre de l’économie (jadis… )il avait lui meme fait exploser la dette !! » c’est pas parceque les autres ont rien fait que j’vais faire comme eux… »il perd la mémoire ..
Le vrai problème est que ni les journalistes- qui n’y comprennent rien- ni la gauche n’osent attaquer cette loi ridicule. La vérité est que seuls ceux qui faisaient déjà des heures supp en profitent. Pourquoi favoriser les ouvriers du batiment ou de la restauration et frustrer les millions de salariés qui n’ont pas l’accès aux heures sup? En fermant au passage l’accès à l’emploi des plus précaires (temps partiels, CDD, interim)?
La gauche et la majorité des économistes (alors qu’ils l’applaudissaient pendant la campagne) critiquent ouvertement la TEPA et demandent son abolition car elle coûte cher et ne sert à rien. Et les medias traditionnels font la sourde oreille.
« La politique économique actuelle impressionne par sa cohérence. La communication présidentielle également, par son sens aigu de l’ellipse. »
Ainisi se termine l’article de François Doutriaux et il résume parfaitement TOUTE l’intervention de Sarkozy.
Chaque sujet traité par notre président mériterait la même attention que ce sujet économique et nous conduirait invariablement à la même conclusion : Du vent!
Alors Sarkozy est-il un hélicoptère ellipsoïdal ?
A propos de l’effet d’aubaine, on peut ajouter à cette démonstration que, sur le dernier trimestre 2007, 144 millions d’heures supplémentaires ont été déclarées par les entreprises pour bénéficier de la loi TEPA.
Ce qui représente environ 315.000 emplois à temps complet…
http://polemiquons.over-blog.com/
On peut également ajouter que l’astuce dissimulée de ce mécanisme repose sur le caractére essentiellement virtuel des remboursements par l’étât des exonérations de charges.
Les sommes provisionnées dans le budget sont généralement utilisées pour combler les trous ailleurs, la sécu n’est jamais remboursée, son « déficit » se creuse, il faut donc agir (franchises, déremboursements, etc…).
Et la boucle est bouclée.
Ce dispositif, si l’étât agit comme à son habitude, permettra de creuser le (virtuel) « trou de la sécu » de quelques milliards, et de combler d’autant les déficits publics. Et de justifier, dans la foulée, un nouveau tour de vis pour la sécu.
De l’art de transférer l’argent de la poche gauche à la poche droite, puis de celle du contribuable/usager à celle de l’étât…
On croirait retrouver la loi Fillon 2003 et la réforme Fillon des retraites 2008 : la première favorise les préretraites, la seconde veut mettre les séniors au travail. La contradiction flagrante n’est pourtant qu’apparente : dans un cas comme dans l’autre, l’objectif est de pousser le salarié à prendre sa retraite avant terme, et donc avec décôte. Autant de gagné pour l’étât jusqu’au décés du retraité concerné…
CQFD
Bonjour F. Doutriaux
contente de vous lire à nouveau.
A propos de la loi Fillon on peut rajouter l’effet perverse de sa reduction de charges patronnales.
En effet le mécanise de la réduction fillon implique de payer le salarié au taux horaire le plus bas pour que le patron puisse en beneficier au maximum.
Ainsi, cette idée de Fillon a contribué à freiner l’augmentation des salaires et à faire baisser le salaire à l’embauche d’un nouveau salarié.
Moi, j’esperais naïvement qu’il nous parle des mesures
envisagées pour lutter contre le fraude fiscale (40 000 000 000 € à gagner ce n’est pas rien,non?).
Et puis…
Je fais un rêve que vite il prenne ses responsabilités. Comme il le dit lui même quand on s’augmente pour avoir un gros salaire on a obligation de résultats sinon on demissionne ,je dis CHICHE!
A propos de rêve, Sarkozy en a déclaré un à Monaco aujourd’hui devant TF1 (c’est tout dire) et avec le prince de Monaco (c’est dire tout).
Je n’ai pas de lien, aussi partez àla chasse.
Sarkozy s’est « planté » sur les chiffres des heures sup. ou plutôt les a présentés d’une façon qui l’arrange, comme d’habitude, sans parler de l’erreur (?) d’interprétation des questions d’Yves Calvi sur la régularisation des sans-papiers.
C’est peut-être ringard de ma part, mais je n’arrive pas à accepter qu’un président fasse le boulot de son premier ministre ou d’un ministre subalterne, dont c’est la « vocation » de ferrailler avec l’opposition ou la presse. C’est lui qui l’a voulu, certes, mais je ne vois pas comment il va pouvoir continuer à toujours tirer la couverture à lui et se priver de la soupape de sécurité que représente le premier ministre ou le gouvernement.
C’est non seulement très risqué, c’est aussi dévoyer les tenants et aboutissants de sa propre fonction.
Il ne fait pas de doute à mes yeux que la volonté de Sarkozy va à l’encontre des institutions de la Vème République, qui font du président un arbitre « au dessus de la mêlée » (que cela soit vrai ou faux au-delà des apparences). Lui, au contraire, s’engage sur tout, se mêle de tout. Il ne tiendra pas à ce rythme. Comme disait F. Léotard, ça va mal finir. Je ne serais pas autrement surpris qu’à terme, la crise générale actuelle le contraigne à la démission, car il se sera surexposé et aura assumé des responsabilités qu’il est incapable de supporter.
Comme Jimmy Carter, Sarkozy sera-t-il le président d’un seul mandat ? On ne peut certainement pas exclure cette possibilité à ce stade.
De mémoire et dans un numéro du Canard de l’été dernier, Sarko, au mieux à ce moment-là dans les sondages, confiait que s’il sentait le vent tourner aux alentours de 2010-2011, il ne se représenterait pas.
Nous sommes en 2008, c’est bien ça?
« Monsieur le Président de la République Française,
Je vous ai lu ce matin d’un derrière distrait… »
Sarkozy qui parle des chiffres? ahaha, vous avez déjà vu un apiculteur élevant des mouches pour en tirer de la confiote?
Sinon, en rapport avec son intervention d’hier, j’ai retrouvé cette sentence (qui d’un point de vue philosophique m’avait fait définitivement prendre conscience du grand vide humain de sarko) et qui concluait sous les applaudissements un discours au Sénat le 18 septembre 2007 sur sa « stratégie sociale »: «Nous n’avons qu’un seul droit : celui de réussir.» (il citait peut-être son pote Laporte…)
Mis en parrallèle avec « L’instituteur est là pour former le citoyen, enseigner des matières, le pasteur, le curé, le rabin, qui vous voulez, essaye de donner du sens à la vie. » Yves Calvi remarque: donc ceux qui ne fréquentent pas le pasteur, le curé, le rabin et Calvi ajoute « l’imam », n’accèdent pas à cet enseignement du sens de la vie… C’est leur choix, répond Sarkozy.
C’est bien, il y a un progrès, il parle de « choix » maintenant.
Bah moi j’ai choisi de me tirer.
Et maintenant un nouveau jeu télévisé présenté par vous-savez-qui: « Ni chiffres ni lettres ». Si on rajoute « mais un curé » cela sonnera moins bien.
Pourquoi l’intervieweur n’a-t-il pas fait remarquer judicieusement que cette mesure dont il est si fier avait coûtait plus qu’elle ne rapportait ?
L’interview-quoi? judicieu-quoi? quoi-quoi? coin-coin font les canards.
C’est parce que ça lui aurait casser 3 pattes!
Allons bon, vous croyez encore aux miracles?
le recours aux heures supplémentaires à d’ailleurs cessé d’augmenter depuis le mois de février
il semblerait d’ailleurs que ce dispositif ne coûte plus d’argent a l’etat qu’il ne lui en rapporte…
http://www.impots-utiles.com/le-recours-aux-heures-supplementaires-se-st…
Entre la franchise médicale et l’augmentation de la redevance télé, l’état a repris et va reprendre ce qu’il a « donné » aux plus pauvres.
On dit assez peu que le dispositif des 35 heures permettaient des heures sup’…4 heures par semaines!
Seuls 12 millions bénéficient des déductions fiscales pour l’accession à la propriété.
heures supplémentaires, l’établissement hospitalier dans lequel je travaille n’en paye pas ….et tout le monde sait que les infirmières ont du mal à faire les 35 heures….
alors ne nous parlez pas de travailler plus pour gagner plus !!!!
ahhhhh les heures sup…..
travailler plus, produire plus,des delais plus court,une piece fabriquer ds mon taf(tolerie industriel)qui avant aurait demandé 8h00 cette meme piece devra aujourd’hui etre fabriquer en 4 ou 5 heures
dur dur…….resultat…..une qualité produit fini en tres forte baisse………des retour client de plus en plus nombreux……et des gars au bord de la crise de nerf a chaque fois qu’il se font « alpaguer » par le patron
et pourtant ca bosse dur……tout les ans le chiffre d’affaire augmente
les gars bossent……..les heures sup chez nous c’est toute l’année,jamais connu les 35h!!
minimum 42h/semaine et bien au dela des fois
seulement chez ns les heures sup ne seront pooooo toute payée comme tel…..une bne partie et payé en « primes divers » et ca………c’est pooooo deductible des impots
bref tres honnetement en ce qui me concernne
je serais plutot pour le : « travailler mieux pour vivre mieux »
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et pour le fun
petit clin d’oeil humoristique……..les heures sup pour rachida……dur dur!!!!
http://www.dailymotion.com/video/x56btq_la-journee-bien-remplie-de-rachi…
Ah le beau slogan!
« travailler plus pour gagner plus », notre cher omniprésident est reparti en campagne, certainement la seule chose qui sache faire!
Ce slogan est un arnaque car si l’on se réfère au modèle anglo-saxon, le métre-étalon sarkosyen, alors cela induit que les français doivent avoir une seconde voire une triple activité salariée. C’est ça la réalité, si tu veux gagner plus alors trouve toi un deuxième emploi. C’est cela que sarkosy n’a pas dit et c’est cela que les français n’ont pas compris!
Ensuite, donner un leçon de riguer de budgétaire alors qu’en sa qualité de ministre du Budget sous le gouvernement Balladur (1993-1995), cela me fait sourire quand je me remémore les déficits abyssaux qu’il a laissé à Chirac et Juppé! Cette dette, nous continuons de la payer aujourd’hui.
Que le président veuille triturer les chiffres à son avantage, pourquoi pas, il n’est pas du genre à se renier vraiment, à reconnaître ses erreurs !
Moi, ce qui me gave grave ( pour parler d’jeuns, lol ), c’est l’apathie des journalistes en face, pas un pour sauver l’autre, tous aux gardes à vous, pathétique !
J’exagère, seule Mme Auger a su se faire un peu respecter, poser encore et encore ses questions jusqu’à obtenir un semblant de réponse, mais même ça ça fait un peu léger pendant une si longue émission !
PPDA, alors lui, on dirait qu’il ne pense qu’à ne plus déplaire, peur de se retrouver écarté du prochain rendez-vous présidentiel, peur de subir le sort de Mme Chabot ?
Des animateurs politiques aux ordres à ce point, ça en dit long sur l’état de nos médias et sur notre démocratie..
Rien que le fait que ces journalistes se rendent à l’Elysée pour recueillir la parole du président, ça a un côté déplacé, genre le maitre reçoit, les invités se tiennent bien pour se faire réinviter après .
J’ai tenu jusqu’au bout, regrettant vite de ne pas avoir zappé avant….
Quand j’en ai encore redemandé en écoutant les commentaires satisfaits du « changement » de comportement du président ( franchement il ne leur en faut pas beaucoup pour être satisfaits ceux-là, lol ), et bien je me suis redit que j’aurais mieux fait d’aller me coucher à 20h30, ça m’aurait évité un vilain mal de crâne..
Serais-je maso ?
Et bien, si tel est le cas, je sens que dans les mois prochains,je vais en avoir pour mon compte !
Très bon article, merci.
Les mesures a-gouvernementales du petit monsieur sarkozy se suivent et se ressemblent :
1/ Effet d’annoce : « Travailler » sur un domaine jugé important.
2/ Mesure : Prendre des mesures qui nient le bien fondé d’un retour financier dans les caisses de l’Etat. Au profit (ici) du patronnat libéral en grande partie. Evidemment sous-couvert de peur, du « sinon, on va droit dans le mur ».
3/ Commentaire : Utiliser les chiffres voulus pour prouver la bonne évolution de l’affaire, justification de la mesure a posteriori. Ou indiquer qu’on ne peut en voir les effets à si court terme.
4/ Résultat : Creuser un trou dans les fonds publics. Ce qui mettant à moyen terme de mettre à mal les ressources étatiques (voire d’offrir les ressources nationales aux entreprises privées), obligera à de nouvelles mesures pareillement idiotes et sordides puisqu’elles ne vont jamais que dans le sens d’un ultra-libéralisme, en érigeant le privé en instance toute puissante permettant de parer à toutes les crises. Le public n’est jamais vu et raconté que comme un organe malade que seules les saignées soigneront.
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