L'ex-candidate à la présidentielle a présenté sa contribution en vue du congrès du PS et fustigé le chef de l'Etat. Reportage.

\"Combattre la mainmise du clan Sarkozy sur la France\". La première des sept têtes de chapitre de la contribution de Ségolène Royal annonce la couleur : les querelles entre socialistes sont dépassées, il faut maintenant concentrer toutes les attaques en direction du locataire de l'Elysée... afin de pouvoir y accéder en 2012.
Avant cela, il y a le congrès socialiste de Reims en novembre et la bataille à mener pour le poste de Premier secrétaire du parti. A l'inverse des autres gros bonnets du PS -Laurent Fabius, Dominique Strauss-Khan et Bertrand Delanoë-, elle s'est officiellement lancée dans la course, il y un peu plus d'un mois. Le deuxième acte de sa candidature avait lieu ce samedi, à Paris, avec la présentation de sa contribution. (Voir la vidéo)
Loin de l'austérité des présentations des motions, cette semaine également, de Martine Aubry, Pierre Moscovici ou encore Manuel Valls, Ségolène Royal a opté pour le show. Une Maison de la chimie qui déborde, une foule d'adhérents chauffée à blanc, des applaudissements à tout rompre ponctuant chaque fin de phrase. Jean-Pierre Mignard, président de son réseau Désirs d'avenir, n'a pas peur de l'hyperbole :
\"Nous sommes en train de faire le premier grand meeting d'opposition contre le pouvoir en place depuis un an ! \"
\"On se croirait en avril 2007\", me glisse aussi une consœur. Il est vrai que tout y est : les mêmes cadres de la campagne présidentielle (Jean-Louis Bianco, François Rebsamen, Vincent Peillon), les mêmes jeunes trentas (Najat Belkacem, Delphine Batho, Aurélie Filippetti), les mêmes spécialistes (le lobbyiste Pascal Tallon, l'économiste Thomas Piketty).
Pas un mot en direction des autres camarades
Et comme toute bonne candidate \"aux prochaines échéances électorales\", elle a invité nombre de personnalités. L'agent des stars Dominique Besnehard, la metteuse en scène Ariane Mnouchkine, ou encore le journaliste Edwy Plenel. Le président de Mediapart, qui avait juré que la lettre de soutien de Ségolène Royal à Mediapart n'était qu'une adhésion politique à son site parmi d'autres de sensibilités différentes, va avoir du mal à prononcer un discours aussi antisarkozyste lors d'un meeting UMP.
Les noms des camarades qui ont quitté le navire Royal depuis la défaite au second tour de la présidentielle sont tus. Pas un mot de l'ami intime Julien Dray, adversaire pour le poste de Premier secrétaire, qui a déclaré pas plus tard que vendredi sur RMC être \"en désaccord tant sur le plan de la philosophie de la vie que sur les aspects politiques\". Rien non plus sur Arnaud Montebourg, son ancien porte-parole parti s'acoquiner avec le strausskhanien Pierre Moscovici. De toute façon, remarque une des proches de la présidente de Poitou-Charentes :
\"L'odeur du succès va rapidement les allécher et les faire revenir aussi vite qu'ils sont partis.\"
\"Sarkozy a besoin de la peur pour gouverner\"
La seule et unique cible ce samedi s'appelait Nicolas Sarkozy. Et force est de constater que chacun des intervenants s'en est donné à cœur joie. Souvent avec brio. Du percutant témoignage du syndicaliste de la sidérurgie de Gandrange à la tranchante salve de la spécialiste des questions de sécurité, la députée socialiste Delphine Batho :
\"Nicolas Sarkozy ne veut pas débarrasser la France de la violence car il a besoin de la peur pour gouverner.\"
Alors pour \"patienter pendant ce long moment difficile\", Ségolène Royal propose de rêver à une autre France, celle qu'elle propose. Moderniser les institutions en s'inspirant des politiques régionales menées par les présidents socialistes, créer enfin un impôt progressiste, continuer à parler aux banlieues, miser toujours plus sur la petite enfance, sauver l'hôpital public…
L'intitulé de la contribution de quarante-deux pages de Ségolène Royal pour le congrès socialiste de Reims est respecté à la lettre : \"combattre et proposer\".
Photos : Audrey Cerdan (Rue89)




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Combattre et proposer, un beau programme.
Mais où était Ségolène Royal sur la question des migrants expulsés ?
Je pense qu’elle n’a pas pris la mesure de la guerre dans laquelle nous sommes entrés. Il n’est pas temps de rêver, il faut se battre.
Ce n’est pas que le clan Sarkozy qu’il faut incriminer, Fillon et les autres cassent notre système social, notre système sanitaire, notre système judiciaire, nous vivons la fin de notre modèle.
Alors que fait Ségolène Royal ? Où est-elle pour reprendre uns à uns les abus et se battre avec le peuple, qui n’en peut mais.
http://anthropia.blogg.org
J’ai lu entièrement la contribution de Ségo. Les42 pagessont en effet disponible sur le site http://www.congresutileetserein.com
Depuis que Särko est au pouvoir, je sens l’envie en moi de m’engager en politique, plus qu’hier et moins que demain.
L’envie monte sans cesse. J’ai envie de voir la gauche au pouvoir, et j’ai envie de participer a la prochaine élection.
Je serais prêt a plaquer pas mal de choses dans ma vie d’aujourd’hui (job, vie quotidienne impliquant va et vient Paris - province qui mettrais a mal ma vie de famille,…) pour travailler au près de Ségo.
Si seulement je parvenais a la contacter, voire la rencontrer, je suis sur que j’ai les arguments pour la convaincre.
Que vois-je sur son site? Elle est ce soir a La Rochelle, ou j’habite…
Pour combattre Sarko, il va bien falloir que le PS et la LCR s’allient au lieu de s’envoyer des missiles pour se détruire mutuellement !
Car Sarko ne souhaite qu’une seule chose, ainsi qu’il l’a déjà déclaré aux socialistes : diviser la gauche pour régner en maître absolu !
Je cite approximativement : « Nous avions notre Le Pen, maintenant vous avez votre Besancenot »
J’aime bien Olivier Besancenot et j’apprécie le charisme et le courage de Ségolène.
Que ce soit avec eux ou d’autres, j’espère que la gauche toute entière aura la sagesse de se mettre elle-même en ordre de bataille, pour lutter contre les vraies injustices du quotidien, le chômage, la précarisation des jeunes et des retraités modestes, l’absence d’un futur lisible et acceptable pour tous.
Sinon, je crois que je n’irai plus voter ! Cette fois, toute la gauche n’a plus le droit à l’erreur !
Ce serait définitivement : Bonne nuit la France !
Si le PS redevient une véritable opposition, forte et capable de proposer une alternative, bien évidemment j’en serai ravie !
Je ne prends aucun plaisir à la débâcle de la gauche, cela me met en colère simplement… Et on est plus facilement en colère contre les siens.
La droite me hérisse, il y a souvent consensus pour la fustiger parmi mes amis ou les riverains ici ; j’aimerais juste qu’en face d’eux, il y ait une véritable gauche intelligente, audible et capable de proposer une alternative forte.
En fait, je n’y crois plus beaucoup… Mais j’attends de pouvoir m’enthousiasmer - une sorte de grand soir perso - je l’ai été par le passé… Mais à force de prendre des coups (je parle pour l’éduc nat principalement, de ce que je vis quotidiennement, mais c’est transposable à tous les sujets que j’ai évoqués plus haut), et de voir l’inertie de ma classe politique de toujours, je perds et patience et espoir.
Allez, je mets le mode vieille aigrie blasée en off, et vous souhaite de gagner le pari virtuel que nous faisons sur l’avenir du PS !
;-)
maia
@ Julien Martin:
- On ne peut mettre sur le même plan Sarkozy et Royal, et donc plus largement les rapports de la Presse avec ces deux personnes.L’une est en mesure de tout écraser sur son passage, pas l’autre !
- Le président de Sauvons La Recherche (Bertrand Monthubert) ou le représentant d’Arcelor étaient présents hier à la Maison de la Chimie pour dire leur opposition à la politique de Sarkozy, au même titre qu’Edwy Plenel. Comme me l’a précisé Bertrand Monthubert hier soir, il n’était pas là pour « soutenir Ségolène Royal » mais pour défendre une cause: celle de la recherche, que Sarkozy et Pécresse mettent à mal… et aussi soutenir la gauche, qui en a bien besoin.
- Que le Président de Désirs d’Avenir ait conseillé de s’abonner à Médiapart ne signifie pas qu’Edwy Plenel soit dépendant de S. Royal… mais que Mediapart a besoin de soutiens, comme Rue 89, pour continuer à exister.Et ces soutiens d’où pourraient-ils venir, sinon de la gauche ? Et pourquoi pas des gens qui ont confiance en S. Royal ?
- Edwy Plenel ne choisit pas le plus facile, reconnaissez-le: S. Royal n’a cessé et ne cesse d’être attaquée, y compris sur ce site. S’il soutient personnellement cette personne, c’est une preuve de courage politique car il s’aliène tous les anti-ségolénistes, apparemment nombreux si l’on en croit les posts injurieux sur Libération et ceux, pas très amènes, sur Rue 89.
- Je lis Médiapart régulièrement, et je ne vois pas de discours partisan pour S. Royal, mais une ouverture vers toute la gauche.Donc, la position personnelle (supposée)d’Edwy Plenel n’infléchit pas la ligne éditoriale de Médiapart, où plusieurs journalistes travaillent.
- Cela n’est pas le cas à Libération, qui passe son temps à flinguer S. Royal ouvertement… pendant que son Rédacteur en chef, Joffrin, publie un livre avec B. Delanoë.
- C’est pourquoi, Rue 89, j’ai toujours souhaité que les articles sur des personnes politiques de gauche soient faits sans esprit de parti-pris, afin que les riverains ne s’engouffrent pas dans les ambivalences des énoncés (quand ils les lisent!) pour défendre ou attaquer S. Royal, Aubry, Strauss-Kahn, Delanoë and co.
L’affaire est bien préparée et minutieusement réglée. Rien n’est laissé au hasard. Royal bénéficie des services d’une équipe qui, mine de rien, est en train de se mettre en ordre de bataille. Ca va finir par ressembler à la mécanique bien huilée… du candidat Sarkozy.
Sarkozy, justement, ou de l’art de faire de l’adversaire un argument de campagne. L’utilisation d’un repoussoir pour se montrer soi-même attirant(e) n’est pas nouvelle. Le gamin attardé qui loge rue du Faubourg Saint-Honoré aux frais de la République s’était lui-même, très habilement il faut le reconnaître, donné comme l’homme du changement, de la « rupture », par rapport au Président Chirac, vieux, usé et immobile. Royal n’agit pas différemment.
Elle sait qu’elle est l’un des grands favoris. Elle sort donc le grand jeu, le show. Après tout, ça marche ! Nos concitoyens nous ont montré l’année dernière qu’ils étaient prêts à voter non par sens politique mais par la faculté à se laisser impressionner par de la poudre aux yeux. Sarkozy-Royal : bords opposés, mais les méthodes n’ont guère l’air différentes.
D’ailleurs, une chose me frappe chez la Présidente de Poitou-Charente : sa manie de parler, dans un contexte national, de ce qu’elle a réalisé au niveau régional. S’il n’y a rien de mal à être fier(e) de ses réalisations, ce « Moi je, moi je, moi je » me rappelle fâcheusement un personnage avec qui, il y a un an, on allait voir ce qu’on allait voir. Et qu’on a trop vu.
Alors que, par ailleurs, elle me semble la seule apte, à l’heure actuelle, à réaliser l’union au sein du Parti socialiste. Si tel est le cas, c’est elle que le Parti doit soutenir (un petit effort, messieurs…). Mais j’espère que mes appréhensions sont infondées quant à son hypertrophie du « moi ».
Une autre chose me gêne, plus importante. Le cérémonial ainsi mis en place semble montrer que l’on s’adresse surtout aux classes moyennes ou relativement aisées (les bobos, entre autres). Et les plus modestes ? La classe ouvrière ? Ceux auxquels le Parti socialiste ne sait plus parler ?
Entre Royal qui lorgne vers le centre (politiquement, elle n’a pas tort, mais quelles conséquences idéologiques ?), Delanoë qui se fait un coup de pub en se proclamant « libéral » et Valls qui propose rien de moins que la suppression du mot « socialiste », comme si c’était un gros mot, y a-t-il encore des socialistes au PS ?