Une réforme \"généreuse\" était annoncée ; au final, ce type de bourses est supprimé pour \"donner la priorité\" aux critères sociaux.
Valérie Pécresse avait annoncé une \"réforme généreuse\" du système des bourses étudiantes. En effet, si la précarité ne touche pas davantage d'étudiants, elle est en revanche de plus en plus prononcée. Au total, 40% d'entre eux travaillent pour financer leurs études. Et pas seulement l'été, mais dans le cadre d'un \"travail salarié régulier\", à raison d'une moyenne de 42 heures par mois.
C'est sur la base de ce chiffre que les syndicats étudiants réclament de longue date une revalorisation des bourses. Selon les derniers chiffres disponibles auprès du Cnous, l'année 2007-2008 comptait 472 109 boursiers sur critères sociaux (voir encadré pour le décompte échelon par échelon) et 11 874 bourses sur critères universitaires. Ces dernières concernent seulement les étudiants en niveau master et les candidats à l'agrégation.
Or, la semaine dernière, Network23, riverain assidu sur les questions d'éducation, prévenait Rue89 : à la fac de Nanterre (Paris X), où cet internaute est inscrit en philosophie, un panneau épinglé sur la porte indique que ces bourses sur critères universitaires sont supprimées pour la rentrée prochaine.
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Renseignement pris dans d'autres facs, c'est bien tout le dispositif des bourses sur critères universitaires qui passent à l'as dès le mois de septembre. Côté syndicats, on affirme avoir eu peu de précisions sur ce chapitre… et on relève tout de même en passant le moment que le gouvernement a choisi pour dévoiler discrètement la mesure.
Cela faisait déjà plusieurs semaines que la réforme des bourses était décriée dans le milieu étudiant, où l'on estime qu'environ 20 000 étudiants seraient perdants avec le nouveau mode de calcul mis en place à la rentrée.
Diviser pour moins payer
Cette polémique concernait jusqu'à présent seulement les bourses sur critères sociaux. La suppression des fonds attribués en fonction des notes ajoute encore de l'huile sur le feu et, sur le Net, la mobilisation démarre bon an mal an, même si c'est la fin de l'année. Au cabinet de Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, on plaide \"la priorité donnée aux bourses sur critères sociaux\" :
\"La réforme des bourses, c'est 100 000 euros supplémentaires qu'on met sur la table et 50 000 boursiers de plus l'an prochain, soit un dixième de plus. Quant aux recalculés, le rectorat pourra les rattrapper au coup par coup s'ils font appel.\"
C'est vrai que la réforme met l'accent sur ce volet, avec la création d'un sixième échelon qui devrait élargir les fonds à des étudiants issus de milieux moins précaires, jusque-là empêchés par l'effet de seuil. De plus, le ministère précise qu'un complément de 200 euros existera bien sur la base du mérite pour ceux qui ont obtenu une mention… mais seulement pour ceux qui sont déjà éligibles aux bourses sur critères sociaux.
Ceux-là pourront d'ailleurs cumuler bourses de mérite, bourse sur critères sociaux et même une nouvelle allocation dite \"bourse de mobilité\" (400 euros), pour ceux qui voudraient faire une partie de leurs études à l'étranger. Le ministère a prévu pour l'heure 30 000 bourses de mérite et 30 000 bourses de mobilité.
Effet d'annonce et démagogie
Mais, pour Jean-Louis Fournel, professeur d'italien à l'université Paris VIII, à Saint-Denis, et président de Sauvons l'université, le gouvernement a mal choisi ses priorités en supprimant les bourses sur critères universitaires. Pas parce qu'il ne fallait pas mettre l'accent sur les aides sur critères sociaux. Mais plutôt parce qu'avec un ratio de 11 874 bourses de mérite pour 472 109 bourses sur critères sociaux, il n'était ni utile ni opportun d'opposer les deux catégories de boursiers :
\"C'est de l'enfumage complet d'opposer les deux catégories de bourse. C'est de la pure idéologie : on préfère diviser parce que ça évite de poser les vrais problèmes.\"
Pour l'enseignant, la réforme des bourses cumule effet d'annonce et démagogie :
A ses yeux, le gouvernement se montre particulièrement \"idéologue\" lorsqu'il flatte aux yeux de l'opinion publique \"deux fausses bonnes idées\" -les prêts étudiants et l'autonomie des facs- qui ajoutent au désengagement de l'Etat :
Selon lui, même un prêt à taux zéro reste une charge pour les étudiants, alors que les bourses sont devenues \"ridicules\" comparées à la hausse du coût de la vie. Pourtant, Jean-Louis Fournel assure que des outils de financement existaient, et notamment un levier fiscal, qui aurait permis de maintenir les bourses sur critères universitaires :
\"Actuellement, on exonère des foyers car leurs enfants font des études. Il faut se demander si à hauteur d'un certain revenu, on doit maintenir cette exonération alors que le seul impôt juste est un impôt progressif. Ces exonérations représentent 1,27 milliard d'euros. Les bourses, elles, sont à hauteur de 1,3 milliard d'euros. Sans paupériser les classes moyennes, n'aurait-on pas pu repenser la politique fiscale plutôt que de supprimer 11 000 bourses ? Le gouvernement se prive de certains leviers.\"
L'impact sur les disciplines et les filières moins rentables
Comme nous le faisait remarquer notre internaute Network23, la suppression des bourses sur critères universitaires n'a pas seulement un effet financier. Elle impacte aussi le fonctionnement de certaines UFR : les bourses sur critères sociaux sont davantage attribuées pour des étudiants en début de cursus. Alors que les bourses sur critères universitaires ne concernent que les étudiants en quatrième année et au-delà. Pour le milieu universitaire, c'est donc la recherche et l'inclinaison des étudiants pour une thèse qu'on essaye d'entraver.
De surcroît, des disciplines appartenant aux sciences sociales ou aux sciences humaines se sentent particulièrement visées par la suppressions des bourses, note Jean-Louis Fournel de Sauvons l'université :
A suivre, après la rentrée universitaire, en prolongement de cette polémique : l'attribution des allocations de recherche aux étudiants préparant une thèse. Ceux qui entrent tout juste en troisième cycle craignent d'ores et déjà qu'on accorde la priorité aux matières les plus immédiatement rentables.






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d’après ma lecture de cet article, les bourses seront donc maintenant attribuées seulement sur critères sociaux et non au mérite. a priori cela ne me choque pas, et je trouve même ça surprenant d’un gouvernement de droite. la seule question qui m’intrigue ce sont les bourses publiques de thèse, elles sont attribuées au mérite et si elles disparaissent la recherche publique va prendre un coup du lapin car les thésards devront obtenir des bourses privées systématiquement, et donc cela mettra un terme aux thèses en recherche fondamentale ou dans des domaines non rentables, ça laisse dubitatif.
Bref ! rien de nouveau sous le soleil de Satan…
Mes parents n’étaient pas assez pauvres pour que j’ai une bourse et pas assez riches pour me payer des études.
J’ai donc travaillé.
Mais maintenant que j’ai « réussi », on vient me traiter de nanti et envier le bien que je possède, le fruit de deux vies de labeur, la mienne et celle de mon épouse qui a, elle aussi travaillé, tout en étudiant.
Il faut arrêter de faire de la démagogie. Un étudiant, par principe,doit étudier. Il faut en plus, aujourd’hui, qu’il ait un train de vie de ministre. Non ! Trop, c’est trop.
Une bourse plafonnée pour chaque étudiant,quelque soit le niveau de revenus des parents (pour aide à l’indépendance), avec un complément en fonction des revenus des parents, attribuée pour deux ans, et renouvelée après, si réussite.Cela libèrerait nombre d’emplois en CDI pour ceux qui ne font pas d’études, ou qui ne réussissent pas.
Ajouter à cela un volet « immobilier », plafonnant les loyers « étudiants ».
Je ne pense pas que cela soit difficile à mettre en oeuvre (je dirais même, que cela simplifierait le système, car facilement budgétisable).
500 euros au forfait et jusqu’à 500 euros d’aides en fonction de la situation familliale.. 1000 euros de base, un étudiant doit pouvoir s’en sortir, car je connais nombre de familles qui vivent avec beaucoup moins.
Qu’il y ait ensuite un système différent pour la recherche, c’est une autre histoire à régler. Mais qu’on permette à tout étudiant d’étudier me parait le minimum qu’un pays puisse faire pour ses enfants. Et que ces derniers se prennent en mains pour réussir.Le niveau de notre pays y sera gagnant.
Le système de bourse (sur critères sociaux ou universitaire) actuel n’est plus adapté à la situation d’aujourd’hui. Avec la massification de l’enseignement supérieur et l’ouverture des études post bac à la France « d’en bas », il faudrait revoir complètement le système!
Valerie Pecresse table sur 50 000 nouveaux boursiers sur critères sociaux grâce à sa réforme. Il faut savoir que si cette réforme accorde une bourse à des étudiants qui n’en avaient pas jusqu’à présent, d’autres étudiants voient eux leurs bourses diminuer ou disparaitre.
Pour information, les bourses sur critères sociaux sont calculés à partir du revenu annuel des parents de l’année N-2 (pour 2008-2009, c’est donc les revenus 2006 qui sont pris en compte) et sur des points de charges. Donc, les revenus propres des étudiants ne sont pas pris en compte, rien ne garantit que nos parents gagnent la même somme en 2006 et 2009. Quand aux points de charges, leurs calcul a changés pour la rentrée prochaine et se révèle nettement moins intéressant.
Enfin, il existe un vrai problème pour les étudiants de la classe moyenne: trop « riche » pour avoir droit à une bourse mais pour qui un petit suppléments serait franchement le bienvenu!
Non, le problème de la suppression des bourses sur critères universitaires consiste essentiellement, à mon sens, à ce qu’elles étaient réservées aux étudiants en masters et agrégatifs, niveau où l’on ne peut obtenir la bourse sur critère social qu’une année.
Il est faux de dire, comme quelqu’un l’a fait ici, qu’on ne peut obtenir la bourse sur critère universitaire si on est déjà boursier (je le sais par expérience perso!): simplement, l’administration demande au boursier (social) qui entre en master de faire une demande de bourse sur critères universitaires.
Si celle-ci est accordée, il ne cumule bien évidemment pas les deux, mais peut demander l’année suivante une autre bourse (un master se fait en 2 ans, et la préparation de l’agrégation dure en moyenne 2 ou 3 ans).
Si celle-ci est refusée, il aura tout de même la bourse sur critère sociaux, mais seulement un an: l’année d’après il se débrouille. Or la préparation de l’agrégation est, a priori, un travail à plein temps. Ce qui revient à dire qu’on réserve, de fait, les postes d’agrégés à ceux qui ont une famille derrière eux, prêt à les soutenir dans la préparation d’un concours dont l’issue est incertaine. La trajectoire d’un Pompidou, petit-fils de paysans et agrégé avant d’être élu président, semble difficilement envisageable aujourd’hui (certes, il a fait Normale, donc le cas est un peu différent).