a debattre

Commerce équitable: il n'y a pas que Max Havelaar...

Les tablettes de chocolat et les paquets de café frappées de son logo noir, vert et bleu sont de plus en plus présents dans le panier de la ménagère. Près d'un quart des foyers français ont déjà acheté des produits étiquetés Max Havelaar, selon une étude commandée par la firme fin 2007. Mais d'autres militants du commerce équitable critiquent son omniprésence et le flou qui règne autour de son \"label\".

Outre la récupération par la grande distribution du phénomène, l'une des critiques que formule Michel Besson, le directeur de l'association Minga repose sur l'utilisation du terme \"label\" pour évoquer les produits Max Havelaar, qui n'hésite pas à se présenter sur son site Internet comme \"la garantie commerce équitable\".

En France, rappelle-t-il, seuls les pouvoirs publics peuvent mettre en place ce type de certifications -c'est le cas, par exemple, du label Agriculture biologique (AB), délivré par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche. D'où un problème de lisibilité pour le consommateur, et le risque de voir Max Havelaar prendre le monopole sur marché de plus en plus juteux. (Voir la vidéo.)




Michel Besson dénonce aussi la stigmatisation des pays du Sud engendrée par la dimension caritative voire humanitaire associée, selon lui, au \"commerce équitable\" : \"Chaque année en France, 25  000 agriculteurs disparaissent. Travailler avec eux, c'est aussi du commerce équitable\", assène-t-il.

De son côté, le directeur général de Max Havelaar France, Joaquim Munoz, préfère parler de \"garantie\" plutôt que de label, et défend la démarche de l'association, adossée à une société internationale, Flo (qui sa certification Flo-Cert, créé pour gérer la définition des standards et le cahier des charges.

Selon lui, une entreprise privée peut valider des produits issus du commerce équitable, sans attendre de reconnaissance officielle des pouvoirs publics :

Max Havelaar a obtenu fin 2007 la norme ISO 65 attribuée par l'organisation internationale de normalisation. Elle impose notamment que le cahier des charges retenu soit rendu public. Une démarche toujours en marge des lois et réglementations nationales : l'association attend cependant que le gouvernement \"se positionne\" sur le fonctionnement de la filière.

Mais y-a-t-il une alternative ? C'est avec cette ambition que Minga s'est créée en 1999, lorsque ses fondateurs ont estimé que la notion de commerce équitable avait été \"vampirisée\", notamment par l’association Max Havelaar France. Michel Besson est alors déjà le directeur d'Andines, une société coopérative commerciale, qu'il a créé en Colombie en 1987 avec sa compagne.

Son but, travailler en toute équité et transparence avec les acteurs locaux et, plus encore, respecter ces principes à toutes les étapes de la chaîne de fabrication du produit. L'association Minga a centralisé sous une charte, déclinée en 67  objectifs, l'éthique de cette démarche.

\"Plus d'une centaine de structures commerciales ont ensuite rejoint Andines au sein de l'association Minga\", explique-t-il. Andines, c'est un exemple de cette recherche de justesse dans des relations commerciales égales et équitables. (Voir la vidéo.)



Cette petite fédération d'entreprises s'attache à exercer un commerce le \"moins inéquitable possible\", revendiquant un fonctionnement transparent. Michel Besson s'insurge :

\"Le commerce équitable, c'est une démarche vers laquelle l'on doit tendre chaque jour un peu plus. Faire croire qu'il existe un label 'commmerce équitable', revient à dire que tout ceux qui ne l'ont pas sont des voleurs.\"

Dans cette optique, il a crée avec ses partenaires le \"Printemps pour un commerce équitable Ici et ailleurs\" qui s'achève le 10 juin.

Max Havelaar ou les ambiguïtés du commerce équitable par Christian Jacquiau, Le Monde Diplomatique, novembre 2007.


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Phil2922 | Retraite invalidité
19H45 05/05/2008

Max Havelaar, Monsanto même combat…?!

http://phil195829.overblog.com

 
dulconte | Conteur perdu à Buenos Aires
07H00 06/05/2008

faudrait quand même pas pousser grand mère dans les orties.

Pourquoi ne pas oser un Mère Théresa Ben Laden même combat pendant qu’on y est.

 
jide
19H55 05/05/2008

Il faudrait peut etre se poser les vrais questions.
Le choix ne devrait pas se faire entre « bananes Chiquita » et « bananes Max Havelaar », mais entre « banane-qui-viennent-de-loin » et « pommes-de-chez-le-voisin ».

entre autres…

http://jide.romandie.com

 
solstice | pigiste
09H34 06/05/2008

Voilà un post court et pertinent : le commerce équitable devrait se pratiquer près de chez soi, en privilégiant les produits locaux qui maintiennent un agriculture locale et des produits de qualité à des prix raisonnables. Nos petits marchés ont tous un ou deux paysans qui travaillent en circuit court et de jeunes agriculteurs se lancent dans le maraîchage bio : il faut les encourager même si leur choix est limité (saisons…).

Pour les produits lointains, il y a effectivement un autre problème et la garantie équitable est assez peu vérifiable, disons qu’on peut choisir le moindre mal.

Quant aux bananes, oubliez-les ! Le coût carbone est une chose, l’empoisonnement des Antilles au chlordécone est une catastrophe.

 
jide
10H00 06/05/2008

Je vais dans ton sens a 100%, sauf pour « il faut les encourager même si leur choix est limité (saisons…) »

Bien sur que l’on ne mange pas de fraises en décembre, on mange des pommes.
Alors qu’en juin, on mange des cerises, pas des pommes…

On peut avoir une alimentation très riche en fruits et légumes variés en ne mangeant que des produits qui peuvent pousser a moins de 50km de chez nous.

Si vous êtes dans le Nord, oubliez les oranges, mangez des betteraves :-)

http://jide.romandie.com

 
solstice | pigiste
10H40 06/05/2008

OK, je disais cela en comparaison avec les magnifiques étals plein de superbes produits calibrés qui viennent du MIN… et de bien plus loin par avion !

Je précise donc que le choix limité aux produits de saison n’empêche en rien une nourriture saine, variée et savoureuse. Avec des bettaraves, on fait des chips extra !

 
jcs03 | PME LILLE 59
18H41 06/05/2008

te sais tio JIDE, ça fait bin tro mos qu’je trempe
un’ bettrave d’un min caffieu l’matin, j’économise eu’l sucre comme cha et pis cha fait Ch’ti,j’deviens + célèbe qu’l Titanic, et eul fermier d’a coté j’l’aide mieux qu’le PAC agricole qui dit, donc on est quitte à table, autour d’une pinte de biere de ch’nord.
Te vois tio Jide, j’me casse pas l’tiete j’vis avec m’un entourache d’min quartier, j’chu célèbe eu’je conno tout l’monde

JC
( nez en moins je suis tout à fait d’accord avec ton post )

 
comptecourant
21H07 06/05/2008

Avec ce raisonnement, on serait tous carencés ! Si nous profitons de citrons, d’abricots, d’ananas, de bananes, de pamplemousses, de kiwis, de noix de coco, d’oranges pour ne citer que ces fruits et agrumes, c’est bien parce que nous les importons, nous ne pouvons tout faire pousser sous notre délicieux micro-climat.

Il importe de privilégier nos productions de saison, mais nous ne produirions jamais assez pour nourrir 65 millions de personnes, heureusement que nous pouvons acheter ailleurs les fruits et légumes qui nous feraient défaut en plein coeur de l’hiver.

 
malatrie
21H32 06/05/2008

oui au citron de Menton, à l’abricot du Roussillon, aux mandarines corses et au Kiwi des Landes !

 
ribelle
12H50 07/05/2008

Ok, Malatrie, sauf s’ils sont bourrés de pesticides et autres « empêcheurs de pousser en rond »…

 
Miju | Photovoltaïcien
08H20 07/05/2008

Heu… bah tu sais, + de 60% de l’agriculture en France c’est pour nourrir le bétail…
Du coup je suis sur qu’avec un peu moins de viande on peut produire assez de fruits (et légumes) pour toute la population française !

 
Gudule
08H26 07/05/2008

N’importe quoi!

 
philarna | Enseignant
11H46 06/05/2008

Privilégier les produits locaux, certes, mais qu’en penseront les agriculteurs camerounais, qui voient sur leurs marchés des poulets bretons vendus moins chers que les leurs??

 
thierry reboud
11H54 06/05/2008

Privilégier les produits locaux au Cameroun aussi !

 
philarna | Enseignant
16H41 06/05/2008

C’est alors à NOS agriculteurs bretons qu’il faut le dire…Le gars qui arrive encore à faire des courses au Cameroun en ce moment n’a pas les moyens de tenir ces raisonnements vertueux. Il va au moins cher, point barre, quand par bonheur il peut se payer un poulet, même si ça détruit l’économie locale.

 
thierry reboud
17H19 06/05/2008

Tout à fait d’accord avec vous.
Il y a, un peu plus bas, une très intéressante contribution (je trouve) de Jaycib qui résume bien tous ces enjeux.

 
skalpa | actif et militant ?
20H25 05/05/2008

Max Havelaar ou comment s’acheter une bonne conscience tout en faisant ses courses en hypermarché…
Une « bonne manière » de b(i)o b(i)o?

http://kprodukt.blogspot.com

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
20H21 05/05/2008

Commerce equitable . ca me fait un peu marrer ( et chialer). C’est de plus en plus en vente dans les grandes surfaces . Vous trouvez que les profits des dirigeants et le salaire des employés , il est équitable , dans la grande distribution ?

« produit issu d’un commerce légèrement moins dégueulasse et moins pourri à certains échelons de la production et du transport pour ceux qui ont les moyens de se les payer  » , ca , ce serait honnête comme nomenclature, sur les emballages en poil de lamas recyclables élevés en plein air dans l’altiplano  !
Mais pas très marketing .

 
cyp | en ligne(s) et à l'œil
20H38 05/05/2008

Franchement, c’est nul, cette guéguerre de labels. Le choix de Max Havelaar est de vendre des produits de qualité achetés à des prix largement au dessus des cours officiels à des petits producteurs. Et comme leurs responsables le disent toujours à leurs détracteurs : tout est vérifiable d’un bout à l’autre de la chaîne.

C’est un débat à la con : pourquoi les grandes surfaces ne vendraient pas des produits « équitables » ?

T’as d’autres assos qui arguent à juste titre que c’est chez nous que ça merde : les conditions de travail dans nos supermarchés sont loin d’être « équitables ». C’est un fait.

Mais de là à se faire la guerre, c’est navrant.

Mon pote Olive voulait faire du commerce « équitable », alors on est partis au Népal l’an dernier pour ça, et on a ramené une cargaison de trucs divers à écouler sur les foires et les marchés. Comme j’ai suivi d’un bout à l’autre (un mois et demi de gros shopping à raison de dix heures par jour), je peux certifier sur l’honneur que toute la camelote qu’on a ramenée est non seulement « équitable », mais d’une qualité rare, et que l’excédent de profit est intégralement reversé à des œuvres sociales très respectables.

Mais va expliquer ça à tes clients. Quell effort : un quart d’heure à argumenter pour que le bobo ultraméfiant t’achètes finalement un paquet d’encens à deux euros, alors que ton voisin de stand dont l’enseigne arbore un énorme logo « BIO » fourgue sa daube à un euro.

Lui, c’est de l’encens industriel : un bâtonnet de bambou enduit d’une pâte de sciure quelconque sur laquelle est vaporisé un parfum synthétique et qui une fois rendu en France, revient à moins de 15 centimes tous frais inclus.

Zolive, c’est de l’encens fabriqué par des mioches tirés du ruisseau par un Népalais au grand cœur, qui en a déjà sorti plus de 80 d’une mort certaine et les paye vachement bien, tout en leur assurant un avenir souriant. Un parfumeur passionné n’usant que d’ingrédients naturels et coûteux : pâte de santal, essences de fleurs, résines précieuses…

Rendu en France, c’est 60 centimes le paquet, voyage non compris. Et au Népal on bouffe du riz tous les jours avec nos amis népalais pour réduire les frais et parce qu’on aime ça et qu’en plus on déteste le luxe.

Mais va expliquer ça au bourgeois qui ne voit en toi qu’un voleur de pauvres…

Qu’on foute la paix une fois pour toutes à Max Havelaar : ils font un boulot honnête et personne ne roule en Jaguar, chez eux. Ils ne font pas exactement la même chose que mon Zolive et ses copains, mais ils vont dans le bon sens. Ils ont fait le brise-glace dans le monde pourri du commerce alimentaire international.

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
21H44 05/05/2008

Bon , bon . Te fâches pas ..

 
cyp | en ligne(s) et à l'œil
22H10 05/05/2008

J’suis pas fâché, N° 6,

Au contraire, je suis ravi que ça se développe inexorablement et je crois fermement que c’est la plus belle idée du dernier demi-siècle.
L’aide humanitaire, à part pour les grandes catastrophes, j’ai toujours trouvé ça nul à chier, quand je bossais en Asie.
Ça fait trente ans que je me bats à ma toute petite échelle pour que nos prestataires dans les pays pauvres soient bien payés, et comme ça devient populaire, j’ai toutes les raisons d’être heureux.
Eux, c’est dans l’alimentaire, d’autres dans la fringue et moi dans le tourisme.

Faut voir les résultats sur place : c’est super ; ça marche. Et c’est pas tellement plus cher que l’ordinaire. Les gens du coin ont la banane et non seulement tu fais du business, mais en plus on te tire pas la gueule comme au sahib négrier de base.
Parce que leur rapacité ou le charity business, j’en ai ras-la-casquette.

 
G-Y.M
20H49 05/05/2008

Sous pretexte que la certification de MH est imparfaite, il faudrait choisir Chiquita ou Jaques Vabre ? J’ai du mal à suivre cette pensée.

 
thierry reboud
21H01 05/05/2008

A ma connaissance, le « label » Max Havelaar n’en est un que dans la mesure où les consommateurs lui accordent un quelconque crédit. Dans ce sens-là, oui, c’est bien un label, dans le même sens qu’une appréciation positive d’Amnesty International en constitue un.
D’autre part, toujours à ma connaissance, Max Havelaar n’a jamais prétendu proposer une alternative au capitalisme globalisé. Si je ne me trompe, ses buts sont bien plus modestes : il se contente de certifier que le producteur verra son travail rémunéré décemment (notamment en lui permettant d’en vivre).
C’est sans doute imparfait, c’est sans doute peu, mais c’est déjà beaucoup plus que ce que proposent les circuits commerciaux traditionnels.
Tout ça pour dire que je rejoins tout à fait Cyp pour considérer que cette aspiration à une pureté infaillible commence un peu à me briser les bonbons… (équitables aussi, les bonbons).

Néanmoins, il me semble que la vraie bonne question, c’est bel et bien celle que pose Jide.

 
sushil das
21H20 05/05/2008

D’accord avec cyp, yen a marre de la guerre des tranchées entre partisans de labels.
C’est quand même dingue que lorsqu’on veut tirer a boulets rouges sur le commerce équitable il soit plus facile d’interroger un humaniste radical (style Jacquiau et autres partisans de la décroissance locale et vertueuse aussi élitiste que la musique de Pierre Boulez) qu’un ultra-libéral.
Cette guerre fratricide discrédite le commerce équitable et fera mourrir dans l’oeuf ce début d’alternative au commerce « classique ».
Pour ma part, je pense qu’il faut laisser le temps a la filière de s’améliorer et de se développer dans un dialogue constructif. Mais j’ai l’impression qu’ici comme ailleurs, les francs tireurs pullulent…

 
cyp | en ligne(s) et à l'œil
21H32 05/05/2008

Surtout, Sushildasji, que les plus critiques envers le commerce équitable sont ceux qui ne font rien pour faire avancer le schmilblick social ailleurs… et chez nous aussi.

J’aime pas Boulez non plus, figure-toi :-)

 
guerzit
09H44 06/05/2008

« un commerce le « moins inéquitable possible »« 

Ce sont les termes même du responsable de Minga… Pour avoir visité pas mal de manufactures dites équitables un peu partout, je dois avouer ne pas être convaincu…

Des pulls à lama au Pérou, des sarhi pas jolis en Inde, et toujours pour les vendre à 10 000 bornes dans un cadre commercial classique… A voir la gueule des producteurs, ils se demandaient clairement à quoi tout cela rimait…

Quant à nous ca fait surement plaisir d’acheter du café siglé mais notre relation au produit reste la même et ce n’est pas la demi-seconde de conscience qui est offerte en bonus qui changera cette donne.

Mais j’espère n’être pas trop critique…

 
cyp | en ligne(s) et à l'œil
12H00 06/05/2008

Non, t’as raison d’âtre critique, Guerzit.
Le problème ne vient pas de grosses structures genre MH, qui sont aisément contrôlables, mais d’un bande d’escrocs qui abusent du terme « équitable » et ne s’en servent que pour mieux vendre leur pacotille à des gogos.

Sinon, ma relation personnelle à un produit, quel qu’il soit, consiste à l’acheter et à le consommer, comme tout le monde. Le commerce équitable, c’est juste du commerce… et c’est très bien comme ça.

 
medea62
21H37 05/05/2008

Au sujet du commerce équitable, j’ai vu au FIGRA 2008 un documentaire dont voici le descriptif :

LE BEURRE ET L’ARGENT DU BEURRE
de Philippe Bacqué – 62 mn – France - Image : Alidou Badini – Montage : Jean François Hautin - Prod : SMAC – Coprod : Sahélis - avec la participation de Télessonne

Le commerce équitable est aujourd’hui en vogue. Le beurre de karité, produit par les femmes les plus pauvres du Burkina Faso, est de plus en plus apprécié en Europe où il est utilisé dans les produits cosmétiques ou comme substitut du cacao.

BUTTER AND BUTTER’S MONEY - Fair trading is extremely fashionable nowadays. So is shea butter. Made by the poorest women of Burkina-Faso, it is sent and used in Europe. But who profits from the money?

Le film compare le fonctionnement de différentes formes de commerce équitable, notamment celui de L’Occitane et celui de Andines (menbre de MINGA). Il suit la production du beurre karité de l’Afrique à sa vente en France. On voit que les grosses sociétés se font énormément de marges sur leurs produits et qu’il serait possible de payer davantage les personnes qui sont à la base de la production. Le visionnage du film est un peu loin maintenant donc je ne m’avancerai pas à donner des chiffres qui seraient aléatoires, mais c’est flagrant que l’appellation « commerce équitable » cache des réalités différentes.

 
Mayavalpa | Citoyen du Monde
21H39 05/05/2008

Le commerce « équitable » est inéquitable. Pour qu’un échange soit réellement équitable, les conditions de protection sociale et de rémunération des individus qui produisent devraient être identiques à celles des personnes qui consomment.

 
NuklearCocroach
22H02 05/05/2008

Le commerce équitable,ça existera le jour ou les prix du transport ne seront plus tributaires d’ un baril de pétrole à 120$ et que le bénéfice de la vente sera plus important en faveur des producteurs et surtout de leurs salariés,en attendant,c’est juste un truc pour se donner bonne conscience à peu de frais,et même si on sait que max Havellar ne fait pas de bénéf(ils disent réinvestir dans d’autres projets,à voir…)c’est un peu un coup d’épée dans l’eau mais c’est mieux que rien.
ça existera aussi le jour ou les européens n’exporteront plus leurs excédents alimentaires vers les pays du sud en les vendant en dessous du cours local, au lieu d’aider ces pays à arriver à l’autosuffisance alimentaire en leur apportant technique et savoir faire. pour l’instant ils se contentent de leur balancer des sacs de riz par avion vu qu’y’a urgence, en les regardant d’un air condescendant comme on regarde habituellement ceux qu’on va laisser crever dans l’indifférence générale lorsque les caméras des médias auront braqué leurs caméras sur la catastrophe suivante…

 
Citoyenne_lambda
22H04 05/05/2008

Hé là, faut pas s’emballer comme un cheval piqué par les taons : ce n’est pas le commerce équitable en soi qui est mis en cause, c’est le possible monopole de Max Havelaar !

 
Naradamuni | sans
22H25 05/05/2008

L’appelation « Commerce équitable » est fausse ; Nous devrions dire « Commerce moins inéquitable ou plus équitable ». Ceci est une manipulation de plus…

 
compte supprimé14
00H31 06/05/2008

MAx Havelaar qui « labellise » des dosettes de café dites rigides, dont on connait la piètre qualité écologique ou encore des produits dont seul un infime ingrédient peut être d’origine « équitable », le sel ou de sucre contenu dans un produit par exemple, quand tout le reste ne l’est pas ; tout cela a de quoi laisser songeur.
Mieux encore, la confusion entretenue entre les produits labellisés Rain Forest et les produits équitables, les premiers protégeant la planète, les seconds les petits producteurs. Comment le consommateur peut-il s’y retrouver? Quand les multinationales, en versant une (petite)larme, daignent, selon un plan marketing soigneusement étudié, donner une infime parcelle de leurs revenus aux producteurs sur le dos desquels ils se nourrissent depuis des dizaines (centaines?) d’années, jouant - entre autres - sur les cours de la bourse des matières premières. Il suffit de lire la presse professionnelle et économique pour s’en convaincre : en clair, comment faire du blé avec le compassionnel.

 
deecurl
08H11 06/05/2008

ce que moi, consommatrice lambda, aimerait savoir, c’est est-ce que ça fait vraiment une différence pour le producteur local d’acheter équitable ou pas?

si oui, même si elle est minime c’est mieux que rien et je continue.

maintenant ce qui me gêne c’est qu’on conteste l’omniprésence de Max Havelaar à présent que le matrché est très florissant. en d’autres termes, j’ai l’impression que les autres entreprises veulent tout simplement leur part du gâteau, en jouant vertueusement à qui sera le plus solidaire pour attirer le consommateur.

 
Benoît Granger | Chercheur en microfinance
08H22 06/05/2008

Le livre qui a fait connaitre Jacquiau (« les coulisses du commerce équitable ») est très très discutable —pour le moins. Je vous suggère de googliser Thomas Coutrot et le titre pour avoir un point de vue plus équilibré sur la question, ainsi que sur les approximations vaseuses de ce pamphlet.

 
.gwen. | irreversiblement destructuré
10H34 06/05/2008

Pour commencer avec le commerce equitable ici et avec nous:

Retablir les commerces de proximité (les rendres accessibles a tous, diminuer les charges aberrantes) et bannir les supermarchés et autres Zones commerciales (cesser de leur donner des passes droit).

De plus, cela rendra nos villes un peu plus humaines, c’est plus ecologique, et cela nous débarassera des horribles Zones d’Activites!

M’enfin c’est pas pour demain

PS: Ca n’a pas grand chose a voir avec Max, mais je fais ce que je peux!

 
sarkophage_xyz
08H57 06/05/2008

Sur la première partie de la chaine, rien à dire. Il est vrai que Max H a un quasi monopole mais il est un label, comme il n existe pas de label européen de commerce équitable (et avec l’usine à corruption qu’est le fonctionnement de la commission c’est pas prèt de changer: « concurence libre et non faussée » oblige). Aux autres réseaux de se faire un nom parceque rien ne m’empêche de coller une étiquette « commerce equitable XYZ » sur des bananes chiquita.
Par contre l’autre coté de la chaine devrait être équitable aussi: entre les grande surfaces qui traitent leur employés peu mieux que chiquita ne traite ses ouvriers et les réseaux bénévoles qui ne payent pas les vendeurs, où est l équité face aux petits commerces familiaux ou ceux qui payeraient (si ca existe mais je suis optimiste) correctement leurs vendeurs?
Et peut on effectivement parler de commerce équitable dans ces conditions? Mais curieusement les verifications peuvent etre faites jusqu a chez Max H mais entre chez Max H et votre tasse de cafe? Ca a fait pchit?

 
cyp | en ligne(s) et à l'œil
12H11 06/05/2008

Le problème de l’exploitation des esclaves occidentaux employés par la grande distribution (crachat au négrier Michel Edouard Leclerc et ses copains, au passage), c’est qu’on a beau faire : c’est chez ces exloiteurs rapaces qu’on fait nos grosses courses, toi, moi et les autres.

Me dis pas que t’as jamais mis les pieds dans une grande surface, je te croirais pas.

On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a… et vu le peu de sous qu’on a en poche, on n’a pas vraiment le choix, si on veut remplir le frigo et faire bouffer la marmaille.

Ça ne m’empêche pas de défiler aux côtés des caissières dans les manifs, ceci dit.

 
sarkophage_xyz
16H22 06/05/2008

Jamais non, mais j’évite autant que possible. J’essaie de limiter à ce qu’on ne trouve que dans des grandes surfaces. Pour l’alimentaire je réussi plutot bien mais je fais parti des privilegiés qui ont des commerces a proximité (j’ai le temps d’alumer sous la poele, d’aller acheter mon steak et de le déposer dans la poele avant que ca crame, mais je ne le fais pas, en général je reste discuter le coup). Et mon budget depasse mes besoins alimentaires et ceux de mes gosses mais ça m’empeche pas d’aller manifester contre la casse sociale. Mais pour le café justement je vais dans une boutique de commerce équitable ou des bénévoles vendent ponchos des andes et café Max H. Je trouve ça tout a fait sympathique mais est-ce équitable? Dans les bio-coop, il y a des employés pas trop mal traités en général, c’est pas possible dans le « commerce équitable »?

 
cyp | en ligne(s) et à l'œil
16H29 06/05/2008

Dans notre pampa lotoise, la première boutique bio est à quarante bornes… on va au marché deux fois par semaine, mais pour les grosses courses on va chez Leclerc ou Intermarché. Bien entendu, si on avait mieux à portée de pneus, on n’hésiterait pas.

 
Jaycib | Hardball player
09H26 06/05/2008

Je pense que la question Max Havelaar est désormais complètement dépassée. Pour que notre bonne conscience puisse être fondée, il ne suffit pas de militer pour le commerce équitable : il faut d’urgence un système généralisé de garantie des prix de production, que ce soit dans le Tiers Monde ou ailleurs, afin que redémarre l’agriculture.

Sans cela, je vois pas d’issue. Nous aurons la famine dans les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Et guère mieux dans les pays dits développés.

Qu’on le veuille ou non, et nonostant les meilleures intentions du monde, Max Havelaar est une tentative de tirer parti du marché, une forme de commerce de « niche ». MH ne conteste pas la primauté du marché, il s’accommode de ses circuits de distribution. Cela ne tiendra pas très longtemps dans le contexte actuel, celui d’une menace de disette/famine pour plus d’un milliard de gens.

Aux grands maux les grands remèdes, à savoir l’inversion pure et simple des politiques du FMI et de l’UE, entre autres.

Hors une politique de retour à l’agriculture vivrière à prix garantis, point de salut.

 
jide
20H38 06/05/2008

L’inversion de la politique du FMI… On peut rever…
Constatant les dégâts de la mondialisation du commerce de la bouffe, le FMI utilise une grosse ficelle de la droite partout dans le monde, la devise bien Shadock: si le libéralisme ne marche pas, c’est que ce n’est pas assez libéral.

Et prône en dépit du bon sens une accélération des échanges, contre toute logique.

A lire ici: http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-05-05-Les-responsables-de-l…

http://jide.romandie.com

 
Jaycib | Hardball player
08H42 08/05/2008

@ jide

Je ne crois guère à l’impéritie du modèle économique libéral face à une réalité rêtive. La preuve en est que la logique interne à ce système mène à une politique autoritaire, pour ne pas dire plus, ou à son abandon pur et simple (au moins pour un temps, qui s’allonge au fil des grandes crises).

Ex. Franklin Delano Roosevelt a bien dû se résoudre à mettre l’absence de dirigisme au placard lorsque la dépression de 1929 n’a pu être corrigée, et à appliquer le New Deal. D’où les concessions accordées au mouvement social à la fin des années 30, ensuite l’économie de guerre, naturellement subventionnée par l’Etat fédéral américain (on peut la déplorer dans l’absolu, mais nous n’avons pas eu à nous en plaindre…), puis le plan Marshall.

Autre exemple, parallèle au premier : le libéral conservateur Hjalmar Schacht s’est bien résolu à laisser tomber le laisser faire au profit d’un alignement sur les préconisations dictatoriales des nazis.

DSK and Co. ou Barroso sont-ils stupides au point de suivre l’exemple de Schacht ? Je ne sais pas dans le cas du second, mais pour ce qui est de DSK, il a toujours été keynésien, et donc interventionniste.

 
patrick du 14 | naze
09H39 06/05/2008
 
Gudule
08H53 07/05/2008

Ce que je trouve gênant dans le commerce équitable ce n’est pas le principe en lui-même c’est cette impression que les occidentaux ont découvert le saint Graal.
Le commerce « équitable » est avant tout normal. Ce qui est anormal c’est qu’on se gargarise de notre générosité en pensant que notre consommation sauve la planète et les gens qui vivent dessus.
Ce qui serait encore plus normal, c’est que les paysans de toute la planète puissent faire fructifier leurs ressources vivrières pour eux avant tout et non pas pour que la poignée d’occidentaux consommant comme des chancres obèses que nous sommes puissent alléger leur conscience. Moi ça me déglingue un peu de trouver du miel équitable provenant du Chili. Et je suis assez peu sensible au discours des étiquettes des produits, souvent misérabilistes (le « petit » orphelinat, « petite » structure, « petit » village, « petite communauté) qui usent des mêmes stratagèmes que n’importe quelle pub. Le terme même de "commerce équitable" est lui-même très vendeur, il fait appel à l’équité, à la morale, à la justice…qui n’a pas envie de se sentir un peu Robin des poids, Spiderman ou Thierry la Fronde en remplissant son caddie? surtout quand on achète son café  »bio » en plus du reste!
Tant qu’il y aura des mégas industries qui pillent les ressources locales au profit de la poignée d’occidentaux que nous sommes, il y aura du boulot. Le « commerce équitable » devrait s’intituler « commerce » point barre. Le reste? du vol, non?

 
Gudule
08H55 07/05/2008

je viens de relire mon post : j’aurais dû l’aérer davantage, excusez-moi!

 
.gwen. | irreversiblement destructuré
21H44 07/05/2008

en bas a gauche de ton commentaire, tu as « editer », a cote de « repondez-lui » - si tu clique dessus tu peux modifier le contenu de ton message - je l’ai appris d’une riveraine il y a peu de temps!

 
Véro 56-38
17H40 10/05/2008

Bonjour,
Je vois qu’il y a débat à propos de Minga et le commerce équitable. Cela m’intéresse car je suis en train de faire un mémoire sur Minga et ses positions alternatives dans l’univers du commerce équitable (en gros).
J’ai quelques questions à poser à ceux qui ont le temps et la volonté d’y répondre (mon mail: veronique2701@voila.fr).

Je voudrais savoir quand et comment vous avez connu Minga. Si vous avez lu le bouquin de Jacquiau;
Les positions de Minga (et le livre de Jacquiau) ont-elle modifié votre « rapport à l’équitable »? Est-ce que vous avez cessé d’acheter des produits MH si vous en achetiez, avez-vous demandé des renseignements à MH
Pensez-vous que le discours de Minga ait un impact dans le monde du commerce équitable?
Pensez-vous que les positions de Minga reflètent une évolution logique du concept de commerce équitable ou une transformation radicale de celui-ci?

Merci à ceux qui répondront