Depuis ce vendredi, les employés du groupe Doux, premier volailler européen (notamment la marque Père Dodu), sont en grève. Ils protestent contre l'augmentation dérisoire proposée par la direction il y a deux semaines. L'équivalent de 4 euros mensuel : c'est tout ce qu'auront les 4 500 salariés qui, pour la plupart, ne gagnent pas plus que le smic.
Sur le site de Quimper (Finistère), l'appel à la grève est unanime : CGT, CFTC, FO et CFDT se sont rejoints pour revendiquer 4,8% d'augmentation au lieu des 0,5% accordés par la direction du groupe. Soit 2,8% immédiatement (de quoi compenser l'inflation), puis 2% à compter du premier septembre.
L'atelier de Quimper est totalement fermé. Selon les syndicats, les abattoirs de poulets de Chantonnay sont en grève à 70%, au Châtelet, dans l'Yonne, la grève est suivie à 40%, à Laval, 90%, et à 100% dans le Morbihan. Plus aucun camion ne sort du site de Vannes.
Raymond Gouiffes, délégué syndical CGT, s'insurge des conditions de travail que doivent subir les employés du groupe et du manque total de reconnaissance de la part de la direction.
L'indignation est d'autant plus grande que les tâches à effectuer sont ingrates. La préparation des volailles se fait à des cadences élevées, dans des températures entre 0 à 5 degrés. Les maladies professionnelles type TMS (troubles musculo-squelettiques) sont fréquentes.
\"Une fois qu'ils sont cassés par le travail, Doux les jettent\"
Raymond a fait le calcul : entre 2004 et 2006, le groupe comptabilisait 98 886 jours d'absentéisme dûs aux accidents de travail et autres maladies professionnelles : \"Le groupe Doux se sert des salariés. Une fois qu'ils sont bien cassés par le travail, ils les jettent.\"
A Quimper, depuis le 1er janvier, le groupe Doux a déjà réalisé huit licenciements pour inaptitude au travail sur les 400 salariés de l'atelier. Des employés qui ont travaillé près de dix ans au sein de l'entreprise, raconte Raymond Gouiffes.
De son côté, la direction explique le caractère dérisoire de cette augmentation par de mauvais résultats 2007 :
\"Ces négociations annuelles obligatoires se sont inscrites dans un contexte économique difficile pour le groupe. (...) Les résultats de l'année 2007 n'ont pas été à la hauteur des espérances.\"
Hausse des matières premières agricoles, coût de l'énergie, niveau de parité euro dollars, autant de facteurs qui ont joué sur les prix de revient. \"Pourtant, même en période de grippe aviaire, on avait eu une augmentation qui avoisinait les 3%\", rappelle Raymond Gouiffes.
Des primes accordées aux employés
Dans son communiqué, le groupe se défend de toute pingrerie, en mentionnant les diverses primes néanmoins accordées à ses employés : indemnisation de transport, prime d'accrochage de volailles vivantes, prime pour le sixième jour travaillé d'affilée...
Des mesures qui n'ont pourtant pas apaisé les petites mains. Ce matin, le directeur du site et le DRH se sont rendus à la rencontre des grévistes. \"A eux deux, ils coûtent 10 000 euros net\", s'exclame Raymond Gouiffes. Dix milles euros qu'il redistribuerait bien aux salariés.
Lire aussi :
► Demander plus pour gagner plus : les grèves salariales
► 35 heures : 1200 salariés de Doux font condamner leur employeur
► Rectificatif : double négation corrigée. Merci à l'internaute de l'avoir signalé.





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Charles Doux et sa famille est la 136 eme plus grande fortune de France (300 Millions d’euros de fortune personnel). Le C.A. de son groupe est de 1.4 Milliard d’Euros (source http://www.challenges.fr/classements/fortune.php?cible=191)
La direction n’accorde que 4 miserables euro d’augmentation?
Tout ces riches qui deviennent encore plus super riche, qui ne laissent et partagent rien (a part les miettes et (si je peut me le permettre) de la volaille au gout douteux), ce cirque est vraiment lamentable.
Bon courage a tous les employes!
4 € X 4500 salariés X 12 mois X 2 (charges) = 432.000 €.
Je suis d’accord sur le fait que les temps sont durs pour les salariés et que les entreprises qui font des résultats pharaoniques devraient distribuer davantage.
MAIS… il y a un mais…
Le groupe Doux sort d’une année 2006 à résultat net négatif (-45 M€) suite à la grippe aviaire. Il estiment à 7 M€ leur résultat hors phénomène grippe aviaire.
Oser dépenser si tôt 1/14ème de son bénéfice en augmentations de salaires, c’est loin de ce que j’appelle « se gaver sur le dos des salariés ».
En 2007 les conditions étaient réunies pour gagner de l’argent.
En 2008 non seulement la bourse va mal, mais en plus le cours des céréales (aliment de base des volailles, donc poste de dépenses) ne fait qu’augmenter.
Malgré toute la compassion que j’ai envers ces salariés, je pense que ce groupe prend déjà de sérieux risques à augmenter ses salariés dans ce contexte.
L’article ici : http://www.letelegramme.com/gratuit/generales/economie/doux-la-grippe-av…
http://www.thalassa.france3.fr/index-fr.php?page=emission&id_article=125
Comment voulez-vous que le bien-être des travailleurs français soit pris en compte alors qu’on leur demande de concurrencer la Chine et le Brésil qui travaillent quasi 24h/24 et 7J/7 pour trois francs six sous !
Tant qu’il y aura des pauvres pour servir le capitalisme …
Consommer local ne pourrait-il être une réponse politique du consommateur à ce genre de pratique ?
Le travail de désossage est répétitif mais ce n’est pas comme un travail sur une chaîne de montage ou l’ouvrier peut s’évader dans sa tête car le boulon est toujours le même .(je schématise )
Là le désosseur a affaire avec des carcasses qui ne sont jamais identiques et si le travail ne change pas d’une pièce à l’autre ,il faut cependant une attention soutenue de chaque instant car un couteau ça aime la viande !!
Fatigue avec le bruit ,l’humidité ,le rendement et bonjours les TMS !
c’est bien beau toutes vos réactions ! ça frise le bon sentiment ! ça vaut son pesant de cacahuetes de politiquement correct !
mais vous oubliez tous un détail KAPITAL !
Sans Dédouaner Charles DOUX qui ne pointe pas aux restos du coeur, le responsable , c’est VOUS consommateurs , qui courrez tous les samedi vers le toujours moins cher, qui achetez chez Lidl et Leclerc le poulet basique , chez Renault la Logan roumaine et chez La Halle le Jean chinois
alors le mepris de Doux pour ses salariés est incontestable et surement inexcusable, mais regardez vous aussi dans la glace !