sur le terrain

Jeudi noir tapine pour dénoncer les propriétaires pervers



" Boutin au tapin, les étudiants font le trottoir" : le Collectif Jeudi noir a concocté une action haute en couleur aux abords du ministère du Logement, alors qu'un rapport sur le logement étudiant doit être remis vendredi au gouvernement par le député UMP Jean-Paul Anciaux.

Le collectif, nommé ainsi en référence au krach boursier de 1929, dénonce les offres de location exorbitantes et en appelle au gouvernement pour réguler la flambée des prix de l'immobilier.

Leur nouvelle cause, les offres de location " appartement contre services sexuels" , est toute récente : elle a été déclenchée par l'article de Libération au nom évocateur : " Loue studette contre pipe."

Impossible de savoir combien de jeunes filles sont contraintes à se livrer à de la prostitution masquée pour se loger. Mais en France, 100  000 étudiants vivent en-dessous du seuil de pauvreté, selon les estimations de l'Observatoire de la vie étudiante. Le collectif Jeudi noir s'associe à la revendication du syndicat étudiant Unef, qui réclame un milliard d'euros pour construire 40 000 logements en cité universitaire.

Objectif revendiqué : attirer les caméras

A défaut d'avoir dégotté un rendez-vous avec le cabinet de Christine Boutin, Jeudi noir a réussi un coup médiatique. A grands renforts de costumes et de slogans, la petite douzaine d'activistes ont attiré moult caméras et photographes.

Les membres de Jeudi noir reconnaissent qu'ils ne se sont penchés sur la question qu'après la publication de l'article de Libération... Un opportunisme qu'ils revendiquent.

Outre la médiatisation, ils n'ont pour l'instant qu'un seul outil -bien artisanal- pour s'attaquer à cette nouvelle cause : l'une des membres répond aux annonces tendancieuses trouvées sur Internet, notamment sur le site Missive, dans le but de piéger les propriétaires pervers. Sans bien savoir quelle action engager une fois qu'ils sont repérés.


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tAran | I Want To Believe
17H44 14/02/2008

je viens de voir quelques annonces sur le site missive, ça fait froid dans le dos …

« H 45 ans propose belle et calme chambre dans gd appartement, sans loyer, pour jolie JF, contre services plaisir. Un mois d essai et plus si tout se passe bien. Envoyer coordonnées et photos par mail pour éventuel visite »

Un mois d’essai, sinon quoi ? retour à la rue ???

Honteux…

 
Thomas GREDAT | 
20H19 14/02/2008

Contraindre une personne à se prostituer, cela s’appelle une proxénétisme. Là où l’astuce est, c’est le cas de le dire, perverse, c’est que le propriétaire, parfaitement au courant de la difficulté de se loger pour les étudiants, peut, en toute mauvaise foi, arguer du fait qu’une étudiante n’est pas obligée d’accepter son offre. Bonne façon de ne pas se faire pincer.
Bien évidemment, profiter de la précarité étudiante pour satisfaire sa libido, c’est de la crapulerie. Mais ce qui me laisse songeur, c’est que des gens puissent en arriver là. Ils ne doivent pas beaucoup croire en leur capacité à plaire et à séduire, ou alors il faut vraiment qu’ils s’emmerdent au domicile conjugal. Au-delà du problème social, c’est de la misère humaine à l’état pur.
Et ce qui est révélateur, c’est que de telles petites annonces existent et circulent. Cela signifie que leurs auteurs sont sûrs de l’impunité.
Du fait du niveau des loyers et de l’indifférence des pouvoirs publics, on peut craindre l’escalade. Qui peut empêcher demain un réseau maffieux de louer un appartement de 120 m2 à des groupes d’étudiantes ? Moyennant des visites régulières de messieurs inconnus, évidemment.